les dames à la licorne

 

 

Résumé :



Une terre de légendes : l'irlande.
Un descendant de roi, chef rebelle en fuite hugh o'farran. une jeune sauvageonne au prénom étrange : griselda... griselda qui rêve, en cette fin du xixe siècle, d'un destin extraordinaire loin de cette île de saint-albans où elle vit avec ses quatre soeurs et ses parents... voici les personnages principaux d'un magnifique roman d'amour inspiré d'une histoire vraie. une histoire qui pourrait commencer par " il était une fois cinq filles dans une prison d'eau...

 



 Editeur : Pocket
Date de parution : décembre 2000

Nb de pages : 412

 

 

 

 

 

 

5 sur 5

La note max sans le coup de coeur. L'amour a mille facettes et Barjavel les a toutes comprises.

 

Première difficulté au moment de rédiger ma chronique : Dans quelle catégorie est-ce que je vais le classer ? Déjà là comme ça, en n'ayant jamais lu l'auteur, j'avais jusque là tendance à le considérer comme un auteur classique. On m'a très vite soufflé dans l'oreillette (Meli, pour ne pas la citer) que je me fourvoyais totalement. Barjavel est en effet un auteur contemporain (milieu du XXème siècle, on est en effet assez loin des classiques du XVIIème, XVIIIème siècle)

Cela dit, dans ma logique, je n'ai pas tort, puisque je classerais par exemple Zola, assez volontiers dans les classiques. Il semblerait que j'aie de la littérature classique la même définition que San  Antonio : "Ce que tout le monde voudrait avoir lu mais que personne n'a envie de lire."
Pour moi, un classique est avant tout un roman qui ne peut se démoder, qui est capable de traverser les époques en laissant toujours à ses lecteurs le même plaisir. Mais bon, soit, on ne va pas chipoter, et je ne suis pas contrariante, je vais donc suivre les règles universelles, et ne classe donc pas ce Barjavel dans les "classiques".
Ensuite, il y avait hésitation entre "conte merveilleux", romance, légende, etc... Il se trouve que je n'ai pas ces rubriques, et que je n'en ai pas non plus qui rassemble tous ces genres. J'ai donc finalement, et après un long combat avec moi-même, choisi de le classer dans les inclassables. Sachant que d'autres Barjavel trouveront sûrement plus facilement leur rubrique, mais il faut bien le dire, celui-ci est un petit mélange délicieux et compliqué à mettre dans une case.

Alors... Et si on parlait du livre ?

Les dames à la licorne m'a été offert par ma tite Méli, lors d'un colis qu'elle m'avait envoyé. Elle s'est en effet fixé le défi de me faire lire (et aimer) ses auteurs préférés, ses deux chouchous forever notamment : Barjavel (donc) et Jane Austen. Elle avait déjà rencontré un franc succès dans ce challenge lorsque j'ai découvert la seconde avec Orgueil et préjugés, dont j'avais fait un coup de coeur lors de notre lecture commune cet été. Nous nous sommes donc mises à la découverte Barjavelesque de la même façon, en lecture commune avec Meli (toujours !! :D ) et la tite Tsuki, qui semble avoir ressenti les choses de la même façon que moi.

J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman, dont je retiendrai surtout la plume très addictive (et pas prétentieuse !) et le fait qu'il couvre en 400 pages toutes les façons dont on peut décliner l'amour. Barjavel a en effet un talent certain pour décrire l'amour et nous le faire ressentir avec force, puissance et passion. Les dames à la licorne, c'est l'amour sous toutes ses formes. L'amour pour son pays, l'amour pour l'être humain, l'amour pour Dieu, l'amour d'une femme pour un homme (et inversement), l'amour des paysans pour leur seigneur. L'amour est présent dans chaque ligne de ce roman. Et toujours avec la même puissance, quel qu'en soit l'objet.

Ce roman m'a fait me sentir bien, aimante, bienveillante, prête à tout au nom de l'amour, tout accepter, tout risquer. Et j'ai vraiment aimé ce sentiment éprouvé tout au long de ma lecture.

Le côté conte et merveilleux n'est pas omniprésent, il est dispensé par petites touches, mais toujours bien amené, toujours intéressant, et toujours utile au moment où il est évoqué.

J'avoue avoir eu une belle frayeur sur les 30-35 premières pages et j'ai vraiment cru que je n'allais pas aimer du tout cette lecture. Barjavel nous donne en effet tout un historique de générations des descendants de Foulques et de la licorne. Un ramassis de petits faits historiques et de généalogie à la suite, assez rébarbatif à lire (d'autant qu'avec ma mémoire de poisson rouge, sincèrement, je me rendais parfaitement compte que je ne retenais absolument rien.) Heureusement, cela ne dure pas et l'histoire à proprement parler débute assez rapidement. On suivra plusieurs générations, mais pas plus de 2 ou 3 et quelques personnages, tous très intéressants, et fort bien construits. J'ai un petit chouchou en la personne de Sir Johnatan qu'on arrête malheureusement assez vite de suivre. Mais j'avoue que son côté un peu "saint' et loufoque à la fois, et son amour envers l'Irlande, son île, son peuple m'a assez retournée, surtout que la situation politique et économique est loin d'être idéale, j'ai beaucoup aimé sa personnalité et l'attachement qu'il dégage. Assez vite, on en vient à suivre les 5 filles de son fils (Sir John) qui toutes cherchent leur bonheur via différentes voies. La famille de Sir John n'est pas sans rappeler une autre famille assez semblable, la famille Bennet dans Orgueil et préjugés justement, dans les caractères des individus et jusque dans les prénoms de certaines (Jane et Kitty). Un petit clin d'oeil (que j'espère voulu) qui m'a  bien fait plaisir. On vivra particulièrement la vie de l'une de ces 5 filles, Griselda, notre héroïne. Une future très belle histoire d'amour. Surtout belle quand elle semble dérailler d'ailleurs.

J'ai apprécié la vision que l'auteur (ou sa co-auteure) a de l'irlande et de cette île particulière qu'est St Albans. C'est beau et mystérieux. Exactement comme on l'imagine. Une culture bourrée de légendes qu'on découvrira au fil de l'eau et qui ont quelque chose d'assez magique...
Il y a une scène absolument divine, la seule scène d'amour "physique" de tout le livre, qui m'a beaucoup marquée tellement elle est belle. Pleine de poésie et pourtant très évocatrice.

Barjavel a un amour évident des mots qu'il utilise avec justesse et poésie, de très belles phrases sans donner l'impression d'une écriture un peu "snob", très fluide et très entraînante. Un vrai bonheur !

Alors qu'est-ce qui a empêché que ça aille jusqu'au "coup de coeur" ? N'étant pas une dingo de romance (et plutôt adepte des romans où ça bouge) je me doutais que je ne craquerais pas sur DEUX romans du style, mais lui mettre moins de 5/5 aurait vraiment été malhonnête de ma part, car il est parfait dans sa catégorie, même s'il m'a un peu moins emportée qu'Orgueil et préjugés (et c'est d'ailleurs probablement dû au fait qu'il n'y a pas de Darcy dedans :p )

Donc, super livre, mais pas assez proche de mes goûts pour pousser jusqu'au coup de coeur. Cela dit, j'ai un autre Barjavel dans ma PAL, visiblement complètement différent dans l'histoire et dans le genre, et je suis assez impatiente de découvrir cette plume magnifique dans un autre registre, je dois dire ! (je vois déjà Méli jubiler derrière son écran en découvrant cette phrase, lol.)

 

Dans le détail ?

- La couverture : Alors là, j'adhère carrément, carrément pas. Pour toutes les éditions d'ailleurs. Elles sont toutes plus kitchs et moches les unes que les autres.

Sincèrement, je vous le demande, que fait la police des couvertures ? Et que font les illustrateurs modernes, il y a quand même des éditions de 2009...

Petit florilège :

     

Et après, on se demandera pourquoi la jeunesse a du mal à se tourner vers cet auteur... Surprenant vraiment...

A la limite, celles un peu plus neutres... Mais elles ne sont toujours pas assez attrayantes pour attirer les plus jeunes, j'en suis convaincue.

 

 

Jusqu'à il y a peu, il y en avait une qui emportait ma "légère" préférence pour son aspect résolument plus moderne et c'était celle-ci :

LES DAMES À LA LICORNE - Olenka VEER (de),René BARJAVEL

 

 

 

 

 

Au final, après lecture, je me dis que je ne la comprends pas tellement et ne la trouve pas très représentative du roman. Résultat, AUCUNE couverture ne me plaît, quelque soit l'édition...

 

 

 

 

- Le style : Voilà the point fort, sans aucun doute. Fluide, pas pompeuse mais belle, et délicate. Poétique, imagée. Barjavel nous transmet des émotions et des images de l'Irlande absolument magnifiques. Ce fut un grand bonheur de m'être totalement trompée sur la chiantitude de cette littérature en particulier. J'ai aimé sa plume. J'ai adoré sa plume...

- L'histoire : Assez intéressante pour nous garder concentré et en haleine jusqu'au bout, je dirais juste que, par goût personnel, il m'a manqué un peu d'action, de rebondissement, pour devenir totalement adepte. J'ai beaucoup aimé, mais je n'ai pas adoré. Une trame pricipale et plusieurs autres secondaires qui gravitent autour en étant moins développées, partagées entre les histoires d'amour, les relations humaines et familiales, et les contes et légendes irlandais. J'ai vraiment aimé tout ce que j'ai lu, et surtout adoré ressentir aussi bien les sentiments des personnages, mais il m'a manqué un chouilla de vraie passion pour ce que je lisais. Rien de dramatique, ça n'empêche absolument pas de passer un merveilleux moment.

- Les personnages : Deux ont vraiment retenu mon attention, Sir Johnatan, qu'on quitte malheureusement assez tôt dans l'histoire, même s'il n'est jamais bien loin, et Griselda, l'héroïne principale. Ils ont sûrement en commun une façon de "voir les choses", une certaine innocence, une âme d'enfant, qui s'émerveille facilement, et qui aime... Qui aime l'amour, qui aime aimer, qui aime les gens... Je me suis sentie assez proche d'eux, J'ai vraiment bien apprécié ces deux personnalités. Les autres sont pour la plupart attachantes aussi, mais sans m'avoir touchée au même niveau.

- L'édition : Evidemment, paragraphe inutile pour ce genre de livre qui doit en être approximativement à sa 200ème édition (oui j'exagère). Rien à redire !

 

En résumé, ce fut vraiment une très belle découverte et je remercie bien Meli de m'avoir fait sauter le pas, ce que je n'aurais probablement jamais fait seule. (Sachant que vous pouvez remplacer "probablement" par "jamais de la vie". Et j'aurais clairement manqué quelque chose. Barjavel est à connaître, c'est une évidence. Je lirai La nuit des temps au plus vite :) (mais d'abord, un autre Jane Austen !! ;) )

Je vous le conseille !!

 

Puisque c'était une Lecture Commune, je vous partage également les chroniques de Meli et Tsuki !!

 Pour avoir l'avis de Tsuki, c'est par .

Pour avoir l'avis de Meli, c'est par ici !!

 

Cali