evendeadthings   Résumé :


Au terme de votre vie, à combien estimez-vous le nombre de minutes au cours desquelles vous avez commis une erreur irréparable ? De celle dont les conséquences régissent d’une douloureuse tyrannie vos agissements futurs jusqu’au trépas. Mon acte manqué ne dura pas plus d’une fraction de seconde et pourtant ma mémoire fracturée me renvoie sans cesse à cet instant précis tandis que la course du temps poursuit son inaltérable marche, m’éloignant toujours un peu plus de ce que j’ai perdu ce jour-là. Je me demande si notre dernière heure venue, les remords s’effacent, nous délestant ainsi d’un bagage bien lourd vers l’au-delà ou le néant, peu importe. Puis je me souviens alors qu’il s’agit là d’une délivrance qui m’est interdite, condamné à porter sur mes épaules ce fardeau à travers les âges, à moi qui suis immortel.

L’amour ne devrait jamais être éternel, car nul ne pourrait endurer tant de douleur.

 



Editions du Chat noir
collection : Griffe Sombre
Sortie : mars 2013
Nombre de pages : 276

 

 

Mon avis : 4/5 : Très agréable, mais pas le coup de coeur que j'attendais.

Un jour, j'ai vu passer cette couverture (que dis-je... cette merveille, ce bijou, ouhhh comme je l'aime d'amour cette couv' !! ) sur la page Facebook des Editions du Chat Noir, je n'ai même pas lu le résumé qu'il a atterri le jour même dans ma Wish-List. (Coup de foudre visuel, vous connaissez ?)
Et puis, quelques semaines plus tard, Meli lisait et chroniquait ce roman, coup de coeur pour elle. Cette fois c'était bon, il me le fallait.
Encore plus quand Meli et Tsuki m'ont proposé d'emmener mon exemplaire en salon littéraire pour me le faire dédicacer par son charismatique auteur. Je me suis donc dépêchée de me l'offrir pour qu'il arrive dans les temps pour qu'elles puissent l'emmener aux Imaginales. Et quelques jours après le salon, mon exemplaire revenait, avec un petit autographe adorable de l'auteur, ainsi que de mes deux copinautes de choc :D Je vais garder et chérir ce livre comme le beau souvenir d'amitié et de douce générosité qu'il mérite d'être :)

Bref, ça fait donc genre 4 mois qu'il me fait de l'oeil dans ma biblio, me supplie de le lire et que j'en crève d'envie. Là, je n'y tenais plus.

 

Primo, vous remarquerez que j'ai classé ce roman dans la catégorie fantastique, et non Bit-Lit. Oui, parce que pour moi, même si les deux peuvent traiter des vampires, ce ne sont pas du tout le même genre de textes. (la Bit-lit ne m'attire pas beaucoup, je vous l'avoue !) Et clairement, la très jolie plume de Mathieu Guibé n'aurait rien à fiche en Bit-Lit, selon moi. Nous sommes ici plus proches du vampire originel, sombre, élégant, cruel et parfois romantique, que du beau gosse aux dents longues qui séduit la première abrutie venue sur les bancs du lycée. BREF.

Après avoir lu la chronique de Meli qui ne distribue pas les "coups de coeur" comme la maîtresse de ma fille les bons points (LOL), je m'attendais vraiment à un livre extraordinaire, qui allait me transporter complètement, et me submerger d'émotions. Bon, force est de constater qu'on n'en est pas là...
Et du coup, je suis un peu déçue. Voire même peut-être plus déçue que quand je n'aime pas du tout un livre dont je n'attendais rien de particulier. Là, je le voulais ce coup de coeur, je l'attendais à chaque tournant de page, fébrilement, comme une petite fille sa poupée de Noël minutieusement choisie. Et pis bon, à la place de ma jolie poupée, j'ai eu un ours en peluche... C'est sympa aussi hein, les ours en peluche, j'aime ça, mais bon, c'est pas ma poupée chérie que j'attends depuis des mois quoi...


Trève de subtiles métaphores et entrons dans le vif du sujet...

 

La couverture : MEGA point positif pour ce roman, c'est une pure bombe, je l'adore. J'ai craqué dessus au premier coup d'oeil, et je dois dire que je ne m'en lasse pas. Ça va me rendre triste de la mettre en carton avec mes autres livres lus. Elle est juste superbe, et très très bien réalisée. Vraiment un très grand bravo à Alexandra V Bach (illustratrice Dark fantasy pour quelques maisons d'édition et jaquettes CD) pour cette illustration absolument somptueuse, c'est une réussite et un coup de coeur esthétique, en ce qui me concerne.

Les personnages : Intéressants mais pas assez attachants. Je les ai tous bien aimés, mais sans plus. Que ce soient les deux persos principaux, Lord Josiah Scarcewillow et Abigale, ou les secondaires, comme le majordome Rudolf ou le traqueur de vampires Sir Burrough, ils sont tous sympas (ou pas, justement, mais c'est voulu, lol) et agréables à suivre, mais ne m'ont pas spécialement fait ressentir d'émotions fortes, ou - passez-moi l'expression - (ou ne me la passez pas, ça ne m'empêchera pas de le dire) fait mouiller ma culotte. J'aurais aimé tomber raide d'amour et me transformer en groupie hystérique baveuse et surexcitée devant Lord Scarcewillow mais il n'en fut rien. J'ai apprécié lire son histoire et apprendre sa vie, mais ce fut tout. Point d'émotions ou de sentiments pour moi durant cette lecture que j'ai cependant réussi à apprécier, cela dit.

La correction : (oui, j'ai décidé qu'il y aurait une rubrique pour en parler sur chaque livre, puisque c'est un point qui revêt une importance particulière pour moi.) Pas irréprochable, mais néanmoins particulièrement soignée pour une petite maison d'édition. (ce n'est pas du tout péjoratif, c'est juste que généralement, elles n'ont pas les moyens des plus grandes pour s'assurer des correcteurs professionnels.) S'il reste quelques coquilles et fautes, c'est en nombre plus que raisonnable et on est vraiment ravi de constater qu'un texte de cette qualité "raffinée" n'est pas entaché de fautes un peu partout. Bravo donc, surtout que celles qui restent sont en général des "pièges" de la langue française et nombreux sont ceux qui s'y font prendre.

Le style : Le deuxième MEGA bon point du livre. Mathieu a un style très particulier qu'on peut sans problème qualifier de gothico-romantique (dans ce livre-ci en tout cas) à la fois sombre et très poétique, délicat, raffiné, et par moment pourtant vraiment noir. Il raconte les scènes osées, de violence, de meurtre ou d'amour avec toujours la même élégance, sans jamais pousser trop loin. De jolies tournures, élégamment construites, et des mots poétiques pour décrire parfois les pires horreurs, je dois dire que Mathieu s'en sort vraiment avec brio pour rendre l'ambiance de l'époque victorienne, le côté à la fois très élégant, dandy, et à la fois bestial ou monstrueux du vampire, il nous sert ses personnages et ses descriptions avec une plume tout en nuances, finesse et délicatesse.

L'histoire ; Eh bien, un peu comme les personnages. Je l'ai trouvée sympathique et ai apprécié la suivre, mais je n'y ai pas ressenti grand chose. Une tragique histoire d'amour entre deux amants maudits, plus souvent séparés que réunis, qui ne parviennent donc ni à s'aimer complètement, ni à être vraiment heureux. Leurs séparations les détruisent, et leurs retrouvailles ne les rendent pas plus heureux. C'est une histoire sympathique, avec un côté assez original par la nature d'Abigale, (que je ne vous dévoilerai pas) mais à laquelle il a manqué un petit quelque chose pour m'embarquer totalement. il a peut-être manqué d'un peu de contexte historique, de profondeur aux personnages, je ne sais pas... Je suis peut-être un peu passée à côté aussi, entre les corrections et les recherches d'emploi, mes lectures s'en retrouvent peut-être un peu "hachées" c'est complètement possible, mais si j'ai aimé la lire, je ne me suis pas retrouvée dans "l'urgence d'avancer pour savoir". La nuance entre "j'ai aimé" et "je l'ai dévoré", vous voyez ?

 

Mais soit ! Ce fut dans l'ensemble une chouette lecture, et Mathieu Guibé m'a fait passer là un très bon moment, même si le souvenir n'en sera pas impérissable je pense. Je peux donc conseiller ce livre à tous, amateurs d'hémoglobine ou coeurs tendres, vous y trouverez tous votre compte.

 

Et si je ne vous ai pas totalement convaincus, vous trouverez sur la toile bon nombre d'avis encore plus enthousiastes, car ce roman a été un coup de coeur pour un certain nombre de lecteurs. :)

 

Cali