Les errants1Résumé


Que faire quand on est une adolescente et que le monde s’écroule autour de soi ?
C’est la question qui se pose à Marion, seize ans, que rien ne préparait à une telle catastrophe. Lors d’un voyage scolaire au camp de travail du Struthof, certains de ses camarades et de ses professeurs sont frappés par un mal étrange. 
Alors que l’épidémie se répand, elle essaie d’y échapper, en compagnie d’un groupe d’amis rescapés. Mais sans l’aide d’adultes, la tâche va s’avérer délicate et la vie en communauté pas si aisée que cela.



Editeur : Editions du Chat noir
Collection : Cheshire
Sortie : septembre 2013
Nombre de pages : environ 286

 

 

 

 

 

 

 

3 sur 5

Un premier roman prometteur mais pas encore complètement mûr.

 

Les errants est un roman qui m’a fait de l’œil dès sa sortie.

Forcément, du zombie. Forcément, un auteur français très abordable, sympa comme tout, qu’on a envie d’encourager. Forcément, les éditions du Chat noir...

Forcément. Ça ne pouvait que me faire baver.

Au final, ma chronique ne sera pas siiii enthousiaste que ça, même si je suis positive et que j’ai globalement bien aimé ce livre. J’aurais de loin préféré offrir à Denis une chronique coup de cœur, mais il faudra se contenter d’un 3/5, pas si mal que ça mais bon.

Les errants est une histoire de zombie version jeunesse, avec un groupe d’ados en héros survivants. Un petit groupe sympathique d’ailleurs, avec des personnalités variées, quoique peut-être un peu caricaturales. Les personnalités sont en effet hyper tranchées, et du coup un petit peu exagérées. Mais ils sont sympas, on prend plaisir à les suivre et à apprendre à les connaître, et on souhaite les voir arriver vivants au bout du roman. 

Je ne peux pas dire que j’ai trouvé l’histoire méga originale, mais il faut avouer qu’en grande fan de zombies que je suis, je commence à en avoir lu un bon paquet, et que tout ça finit par tourner sérieusement en rond, c’est normal, c’est un thème sur lequel il est difficile d’innover désormais. Donc je ne mets pas ce petit manque d’originalité sur la faute de l’auteur, après tout, d’un livre de zombie à l’autre, il est vraiment compliqué de se démarquer. Néanmoins, le fait qu’il s’agisse d’ados au lycée, que ça se passe dans les Vosges, débute comme une visite de classe dans un ancien camp de déportés, et que le personnage principal, Marion, soit une fille, change déjà un peu de ce que j’ai pu lire avant. Des petits détails, mais ce sont les détails qui ont de l’importance dans un genre où quasiment tout a déjà été écrit.

J’ai pris plaisir à avancer avec les personnages et à suivre leur aventure mouvementée. Et j’ai apprécié que, malgré le fait que ce livre soit destiné à la jeunesse, Denis Labbé ne nous épargne pas les détails sanguinolents et dégeulasses. J’aurais vraiment été déçue si c’était resté soft à ce niveau.

Ce petit groupe d’ados « fonctionne » bien j’ai trouvé. Les diverses personnalités se complètent, ce qui leur permet de survivre en associant leurs traits de caractère et en réfléchissant à plusieurs cerveaux.

Par contre, j’ai eu un petit problème de crédibilité globale. En effet, j’ai envie de dire que ça « sent » le premier roman, malheureusement. Non pas que l’écriture soit spécialement maladroite pourtant. Non il s’agit plutôt d’un pêché par excès de zêle, à vouloir trop bien faire en fait.
Il est évident que Denis a voulu servir un français correct et soutenu. Sauf qu’il a choisi la narration à la première personne, et doit donc exprimer tout son roman par la bouche d’une jeune fille de 15 ou 16 ans. Et du coup, le français soutenu ne paraît pas du tout naturel, car tout le monde sait qu’une gamine de cet âge ne s’exprimerait pas comme le fait Marion.
Cela se ressent également dans les dialogues. Des ados qui parlent entre eux, de nos jours encore plus, ne discuteraient pas de façon aussi « correcte » en fait. Soit il aurait dû choisir une narration à la troisième personne, qui lui aurait permis d’utiliser le langage qu’il souhaitait, soit il aurait fallu adapter son écriture à l’âge de ses personnages. Ou carrément amener son histoire à une autre époque, où le langage était plus châtié.
Bref, un mauvais choix de narration, je trouve, et c’est très dommage, parce qu’en dehors de cela, et des quelques coquilles restantes dans le livre, c’est une histoire sympa et prenante. Mais ce décalage enlève beaucoup de crédibilité, et donc d’immersion du lecteur.

Malgré tout, j’ai quand même du mal avec l’idée de reprocher à un auteur d’avoir voulu « trop bien écrire », c’est ballot quand même.

Bref, je pense que je me prendrai le tome 2 pour voir comment tout cela évolue, et j’espère que l’écriture notamment évoluera également avec l’expérience et l’entraînement. C’est le cheminement normal, alors je n’en doute pas. Les suites devraient donc sûrement me convaincre davantage encore.

Mais ce tome 1 est pas mal  hein, on y passe un bon moment. Je dirais qu’il est plus adapté à ceux qui lisent moins de zombies que moi, parce que je me demande si je n’ai pas finalement déjà fait le tour de la question dans mes lectures sur ce thème, j’ai bien peur de ne plus rien trouver d’original, désormais. Alors qu’un œil neuf sur le genre pourrait trouver que Les Errants sort tellement de l’ordinaire, au final !

 

Bref, je vous le conseille, pour tous les bons points que j’ai cités plus haut, et si les moins bons ne vous rebutent pas. Ca restera une lecture agréable et un bon moment à passer, promis ;)

Cali