geishaRésumé


Sous la forme des mémoires d'une célèbre geisha de Kyoto, le roman d'Arthur Golden est devenu un best-seller mondial. À l'occasion de la sortie du film qui en a été tiré, cette superbe histoire d'une jeune japonaise au destin exceptionnel devrait passionner de nouveaux lecteurs. Une petite fille de neuf ans, aux superbes yeux gris-bleu, tels ceux de sa mère qui se meurt, est vendue par son père, un modeste pêcheur, à une maison de geishas : ainsi commence l'histoire de Sayuri dans le japon des années trente. C'est à travers son regard d'enfant malheureuse que l'on découvrira Gion la décadente, le quartier du plaisir à Kyoto, avec ses temples resplendissants, ses théâtres raffinés et ses ruelles sombres. C'est à travers son initiation et sa métamorphose que l'on apprendra l'art d'être geisha, les rites de la danse et de la musique, les cérémonies de l'habillage, de la coiffure et du thé, comment il sied de servir le saké en dévoilant à peine son poignet, comment surtout il faut savoir attirer l'attention des hommes et déjouer la jalousie des rivales. Née sous le signe de l'eau, n'agissant jamais sans consulter son almanach, franchissant épreuve sur épreuve, Sayuri nous entraîne dans le tourbillon des choses de la vie, futile et tragique comme la Seconde Guerre mondiale qui détruira Gion. Femme amoureuse toutefois, éprise d'un homme de qualité, elle raconte aussi, toujours de sa voix limpide et inoubliable, la quête sans cesse recommencée de la liberté.

 



Date de parution : 11/01/2006 
Editeur : JC Lattès 
Format : Grand Format 
Présentation : Broché 
Nb. de pages : 523 pages

 

 

2 sur 5

Ca ne partait pas si mal. Puis vint l'ennui, profond et sans fin.

 

Encore un livre que j'ai sauvé de la poubelle, sans trop de conviction. Encore un livre que j'avais l'impression de devoir lire, parce que tout le monde connaît Geisha, et que, pauvre de moi, moi, je n'ai même jamais vu le film. Je m'étais dit, un livre aussi connu ( et apprécié en plus de ça), je ne peux pas le laisser aller aux ordures, il va venir chez moi, sur mes étagères, et me régaler à un moment ou à un autre de sa magnifique histoire.

Il partait avec de bonnes bases, ce bouquin. J'adooooore le japon, et les Geishas, sans être une obsession, m'ont toujours un peu intriguée. Tout le monde me disait qu'il était génial, et ceux qui ne l'avaient pas lu me disaient qu'en tout cas, le film est une merveille. Donc bon. Je me disais que même si ce n'est pas "mon genre de livre", j'allais quand même sûrement passer un bon moment. Les mois ont passé, les années aussi, depuis son sauvetage, sans que j'arrive à me décider à le sortir de son étagère. Bof bof, ça ne m'inspirait pas trop. 

Ma fille a décidé que je le lirais...

Résultat ? 19 jours pour le terminer. On vise le record. Alors bon, ok, en ce moment j'ai un fucking rythme de merde, il faut bien le dire. Entre les heures supp et les collègues ("viens manger au resto, Cali" - du coup, je ne lis pas le midi - "Viens je te raccompagne chez toi après le travail" - du coup, je ne lis pas dans les transports !- Et les larvages du soir devant la tv qui finissent par un endormissement tellement massif que je n'ouvre même plus mon livre après ça, eh bien, j'avoisine facile les 10 pages de lecture par jour, en ce moment, T'cheuuu !! C'est donc compliqué. Mais quand je m'ennuie dans ma lecture (ce qui semble être devenu une habitude ces derniers temps) c'est encore pluuuuus compliqué !

Ca ne démarrait pas trop mal pourtant. L'histoire de Chiyo, enfant puis adolescente, est touchante, marquante, et intéressante. Elle ne laisse pas de place à l'ennui, et on se prend d'empathie pour cette gosse dont la destinée paraît bien noire. Franchement, les 100 premières pages se passent bien. Ce n'est évidemment pas l'apothéose que je peux ressentir sur un très bon fantastique, mais ça se laisse lire et je suis positive.

Mais alors, très vite, dès que Chiyo devient Sayuri la Geisha en fait, je n'ai plus du tout été emballée. Une fois finis les complotages et les vacheries de la peste Hatsumomo, la "geisha en chef" de l'Okiya où attérit notre petite japonnaise, envers elle, la vie de Sayuri devient vite pénible et redondante, j'ai trouvé. Ca tourne en rond pendant des pages et des pages. Tous les jours, elle met son kimono magnifique et se maquille, devient la très classe et très demandée Geisha en quelques coups de pinceaux, avec moults descriptions de chaque élément de ses vêtements, des accessoires de ses cheveux, de son chignon (pourtant toujours le même !), ensuite elle va dans une ou des soirée(s) auxquelles elle est conviée avec sa "grande soeur" Mameha, elle fait boire les clients, au jeu du "qui boira le plus" (de saké bien sûr !), ils finissent ivres morts, elle rentre à l'Okiya et rebelotte. Ah oui, au passage, on décrit beaucoup beaucoup les salons de thés et tout le luxe qui va avec. Eh puis, le côté glauque du sexe sans amour, pour l'argent, la protection, sans parler du dépucelage des jeunes apprenties Geishas entre 14 et 16 ans qui est juste une torture, j'avoue, j'ai eu du mal.

Franchement, je me suis lassée hyper vite. Je n'ai pourtant jamais rien eu contre les narrations hyper descriptives, mais j'estime qu'il faut quand même que ça bouge un petit peu entre deux, quoi.

On a le fantôme d'une pauvre histoire d'amour, celle d'une gamine qui croise un gentleman gentil, dans la rue, qui lui offre son mouchoir en soie et un granité pour la consoler, et qui disparaît aussi vite de son horizon, mais pas de son coeur. Sayuri n'a de cesse, dans tout le bouquin, de retrouver puis séduire cet homme, et bien sûr, la vie va lui mettre pas mal de bâtons dans les roues. Je n'ai pas été touchée par cette romance, trop inexistante et unilatérale sur la majeure partie du livre pour être touchante. Je n'ai pas non plus été séduite par le fameux "président", l'homme convoité, qui a beau avoir l'air très gentil, m'a surtout semblé vide d'intérêt.

On a un petit regain d'intérêt pour l'histoire au moment de la guerre, quand les bombardements plongent les japonais dans la misère et forcent les Geishas à quitter leurs belles parures et leur luxe pour aller travailler dur, on se sent un peu plus concerné par l'histoire, par le tournant que prend leurs vies, qui deviennent vraiment dures. Mais une fois de retour à Gion, et que Sayuri reprend sa carrière là où elle l'avait laissée, cela retombe comme un soufflé...

Pourtant l'écriture d'Arthur Golden, en mode "mémoires", est plutôt sympa, ça se lit bien et facilement. De plus, les geishas exercent assez facilement, pour qui s'y intéresse un peu, un genre de fascination. En effet, elles doivent maîtriser tant de choses, de l'art de la séduction à toutes les formes de musique, de chant, et de danse, elles sont des artistes accomplies, et leur apprentissage est long et fastideux, c'est intéressant d'en apprendre plus à ce niveau-là, de découvrir toutes les traditions ancestrales du monde de la Geisha.

Mais non, vraiment je me suis trop ennuyée dans cette lecture pour terminer avec une note positive. On m'en avait dit tant de bien, je me demande à côté de quoi je suis passée. C'est une belle histoire, mais j'ai trouvé ça vraiment plat, et 70% du livre m'a finalement paru sans intérêt... Une fois qu'on a compris le fonctionnement d'une soirée pour une Geisha, pourquoi radoter autant ? Cela souligne certes le sacerdoce que cela devait être pour elles, mais bon...

Bref, voilà, je suis contente de l'avoir lu, je me sentirais moins cruche quand on parlera de ce roman dans des conversations littéraires, et je suis contente d'avoir dépoussiéré ce livre et de l'avoir sorti de son étagère, mais alors vraiment, je ne retiendrai pas de ce bouquin beaucoup de plaisir.

J'imagine qu'un jour, je me forcerai à voir le film, si j'ai le temps, si j'ai l'envie, si j'ai une soirée où je suis seule (parce que clairement, mon mari m'enverra péter !) bref, peut-être un jour... Mais je ne peux pas dire que cette lecture m'en ait donné une envie pressante.

Je peux conseiller ce livre aux habitués de la littérature réaliste, aux amoureux du Japon, aux fans des Geishas, à ceux qui ne courrent pas forcément après l'action ou l'aventure, mais si comme moi, vous êtes plus porté sur les récits de l'imaginaire, sur le rêve, sur ce qui vous éloignera de la réalité, j'ai peur que ça fasse un peu flop chez vous aussi :)

Cali