le grimoire voléRésumé

Ancien contorsionniste et voleur, Kerèntsil mène une paisible et secrète existence quand il reçoit la visite d’Astarya. Cette immortelle, ex-reine du Tourpana venue vivre incognito dans sa cité, lui demande son aide. Le grimoire écrit par son frère Narantewé, contenant toutes ses insurpassables connaissances en magie, a été dérobé. Et s’il prenait la direction des belliqueux Pays d’Orient, l’équilibre du monde serait menacé. Kerèntsil accepte de commencer l’enquête, sans imaginer qu’elle le fera croiser aussi bien Tseag-hua, le plus inquiétant des tyrans orientaux, que Laraouña, la déesse de l’amour. Et sans imaginer à quel point les épreuves traversées le changeront.

Cette histoire suit celle de Le mage de la Montagne d’Or et reprend certains de ses personnages mais est indépendante.



Editions Artalys
Parution : 20 septembre 2012
610 pages

 

 

 

 

 

 

2 sur 5

Une histoire pas dénuée d'intérêt mais je pense être passée à côté.

J'ai acheté ce livre directement à l'auteur, qui m'avait fait l'honneur de participer à un petit blogapéro que j'avais organisé en tout intimité, avec quelques blogueurs et auteurs. Très gentil, il m'avait si bien parlé de son livre que je le lui ai acheté directement sur ma terrasse. (la classe !)

Alexandre Lévine est un homme fort sympathique. C'est pourquoi je suis bien déçue d'être carrément passée à côté de son livre.

C'est pourtant plutôt bien écrit, avec un vocabulaire riche et de jolies tournures. Il reste bien quelques coquilles, mais bon. Ca passe. Alexandre fait de belles descriptions, et ne ménage pas ses efforts pour essayer de nous entraîner dans son univers, entre la fantasy et le voyage historique au coeur de l'orient. Le travail qu'il a fourni est évident, et on sent qu'il nous fait partager là à la fois son imaginaire, et ses connaissances dans les civilisations anciennes. En aucun cas le fait que je n'ai pas vraiment accroché ne remet donc en cause ni son style, ni le boulot en amont. Clairement, le job, il l'a fait.

Non, c'est plutôt avec l'histoire en elle-même que j'ai eu un souci, et ce, dès le départ. Du coup, les 610 pages m'ont vite fait ramer (13 jours de lecture, tout de même !). A vrai dire, je me suis un peu ennuyée dans ce récit.

Déjà, la petite particularité qui m'emballait particulièrement dans le résumé, le fait que le héros soit un voleur contorsionniste, n'a finalement que très peu d'importance dans ce livre. C'est bien dommage, parce que je m'étais dit que ça allait lui donner un côté très sympa et original. Pour finir, il aurait aussi bien pu être comptable ou gardien de chèvre, je trouve que ça n'aurait pas fait une si grande différence que ça.

Ensuite, je dirais tout simplement que j'ai cherché pendant toute ma lecture ce que voulait vraiment raconter ce roman. Une quete mystique ? La recherche de ce fameux grimoire magique ancestral dérobé ? Tout semble le dire. Pourtant, en lisant, j'ai vraiment eu l'impression que tout cela restait au second plan. La mythologie ? Des histoires de Dieux et déesses, des trahisons et des querelles millénaires ? Oui aussi un peu. Du sentiment ? Aussi. La guerre des clans ? Oui. Bref, beaucoup de choses à dire, et du coup, rien ne ressort vraiment. J'ai cherché, vraiment, mais rien ne se détachait. On a vraiment le sentiment que l'auteur avait trop de choses à nous dire, et qu'il a tout mis dans son histoire, puis, essayé de relier les choses les unes aux autres. Rien n'a donc réussi à me happer, à me faire réellement entrer dans cette histoire. J'ai trouvé l'ensemble assez flou finalement, et, malgré l'épaisseur du livre, une impression de survol plane. Oui il y a de belles descriptions, et pourtant, je ne suis pas arrivée à me représenter ce monde.

Les personnages sont sympathiques, chacun dans leur genre. Pas tout blancs ou tout noirs, assez complexes et bien construits, mais pas très attachants malheureusement. Disons que leurs qualités ne sont pas parmi celles qui avaient le plus de chances de me plaire, et que leurs défauts ne comptent par parmi ceux que j'adore détester. Problème de feeling entre eux et moi, tout simplement.

La place de la femme ne m'a également pas trop plu. En effet, déesse, immortelle, simple humaine, j'ai envie de dire, elles ont surtout l'air d'être là pour se balader à poil, montrer leur poitrine et proposer du sexe pour arriver à leurs fins. Les limites très floues instaurées pour qualifier les familles, font qu'on se sent presque à la limite de l'inceste. Les sentiments se veulent profonds, et pourtant, les différents personnages papillonnent d'un amant à l'autre, d'une maîtresse à l'autre, d'un amour (béni des dieux, tout de même) au désintérêt le plus profond en un rien de temps. Ca a profondément manqué de sincérité et de romantisme à mes yeux (et dieu sait pourtant que je ne cours pas après la romance !). Je suis restée sans arrêt sur ma faim à ce niveau-là, avec l'impression que dans ce livre, tout le monde peut coucher avec tout le monde, qu'ils se sentent amoureux ou pas, que ce soit politiquement correct ou pas. Bref, pas trop dans ce qui me fait rêver.

Pour autant, il ne faut pas croire qu'il n'y a que des parties de jambes en l'air, hein. Mais la quête, le voyage, malgré les jolies images que l'auteur a su me mettre devant les yeux parfois, quand on s'oriente plus vers les descriptifs de civilisations anciennes orientales n'arrive pas à prendre totalement le pas, et toute la place qu'ils mériteraient. La magie est importante, mais pas assez. Finalement, on a l'impression que ce grimoire, qu'ils le retrouvent ou pas, n'a aucune importance. Ca n'empêchera pas l'histoire de se terminer, un peu abruptement d'ailleurs.

En effet, j'ai trouvé la fin un peu vite torchée, je l'avoue. Toute la lecture est bourrée de détails divers et variés, parfois même un peu inutiles, qui donnent une impression de longueur et là, c'est la fin, paf paf, voilà c'est terminé, il se passe ça et ça. Un peu à la "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants", quand toute l'action vient tout juste de s'achever.

Donc, voilà. Pour résumer, je pense qu'il y avait de bonnes idées, et même un potentiel d'écriture évident de la part de l'auteur, mais cette histoire ne m'aura pas convaincue, et j'ai fini par m'ennuyer. C'est dommage, et je suis bien désolée de n'avoir pas une meilleure pub à faire à l'auteur. Cela dit, il faut quand même se dire que ça aurait pu être bien pire. 13 jours pour lire 600 pages, c'est certes un peu longuet, mais si je n'y avais trouvé aucun intérêt, ça l'aurait été bien plus que ça. J'ai juste trouvé que tout était soit un poil "trop" (pour ce que je n'aimais pas) soit un poil "pas assez" (pour ce que j'ai apprécié et que je n'ai pas trouvé assez développé.

Mais je lirai avec plaisir un autre livre de l'auteur, pour voir si dans une autre histoire, je ne parviendrais pas à être beaucoup plus enthousiaste que ça :)

Cali