mansfield parkRésumé

Issue d'une famille miséreuse, Fanny Price est âgée de dix ans quand elle est adoptée par son oncle maternel, Sir Thomas Bertram, qui va prendre en charge son éducation. Accueillie dans le domaine de Mansfield Park, Fanny est élevée avec ses cousins et cousines qui, à l'exception d'Edmund, la traitent avec indifférence ou mépris. La gratitude et l'affection qu'elle éprouve à l'égard de son cousin se transforment au fil des années en un amour qu'elle garde secret. Quand un bon parti se déclare, Fanny n'a de choix qu'entre un mariage de raison et un retour à sa condition première... Publié en 1814, Mansfield Park est sans doute le roman le plus ambitieux de Jane Austen (1775-1817). L'auteur de Raison et sentiments (Archipoche n°21) y excelle dans la description des rapports humains complexes qui se tissent entre ses personnages.

 

 

Date de parution : 07/02/07
Editeur : Archipoche
Collection : ArchiPoche
Format : Poche
Présentation : Broché
Nb. de pages : 561 pages

 

 

 

 

 

 

3 sur 5

Ca reste agréable, mais c'est le Jane Austen qui m'aura le moins fait vibrer.

 

Voilà une nouvelle découverte Austenienne à mon actif. Malgré deux points très positifs, je dois dire que je reste très réservée sur mon avis final.

Il n'est pas question de dire que je n'ai pas aimé, non, ce ne serait pas vrai, mais je dois admettre que quand je lis un Jane Austen, je m'attends à plus de sensations, beaucoup plus d'émotions.
On va donc commencer par les points les plus négatifs, et on finira par la note positive !

- Point négatif numéro un, le plus gros : FANNY PRICE. Ca alors, pour un personnage Austenien, faut admettre que Fanny brise les codes ! Cette gosse n'a aucun caractère, c'en est effrayant ! Douce, pour ne pas dire effacée, Fanny n'élève jamais la voix, ne se met jamais en porte-à-faux avec personne, ne se met jamais en colère, est soumise, timide, n'exprime pas ses sentiments. Si j'osais, je dirais que Fanny est un peu chiante. Oserais-je ? J'ose !
Les personnages principaux féminins de Jane Austen ont normalement un petit côté rebelle, et c'est d'elles en général que vient la satire que l'auteure exprime sur la société qui l'entoure. Ce sont ces femmes qui nous montrent à quel point leur condition, leur environnement, leur culture, leur éducation, était inadaptée à l'époque et méritait qu'elles fassent la révolution et ne se contentent pas de leur sort.
Et Fanny a du mal à exprimer ça. Même si la réaction naturelle à ce qui lui arrive durant tout le livre est de la prendre un peu en pitié, ce qui nous conduit aussi fatalement à rejeter les bases de cette société du 19e siècle qui lui est si cruelle, je n'ai pas réussi à m'attacher vraiment à elle. Elle me faisait un peu de peine, mais c'est tout. Cette soumission à tout m'a un peu gonflée, à vrai dire, j'ai eu envie de la secouer et de lui ouvrir les yeux.

- Point négatif numéro 2 : L'histoire. Je crois que j'ai passé tout le livre à attendre que ça bouge pour de bon. Même si ce n'est pas le genre de littérature qui nous apporte beaucoup d'action, normalement il se passe suffisamment de choses pour nous intéresser du début à la fin. Ici ce fut moins le cas. Je me suis parfois un peu ennuyée, et je n'ai pas toujours compris les éléments qui semblaient prendre beaucoup de place aux yeux de l'auteure et de ses personnages. Je pense notamment à la pièce de théâtre, qui a fait un tel foin, a amené tant de drames et dont je n'ai pas compris l'importance. C'était peut-être (et même certainement) fait exprès pour montrer la futilité des principes moraux et des priorités de l'époque, mais bon. Ca ne m'a pas trop parlé.
Bref, l'histoire se traîne beaucoup, la romance tarde, même si on sait bien dès le début de où elle va surgir, jusqu'aux 20 dernières pages, et ensuite hop hop hop, c'est réglé en quelques lignes. J'avoue que ça m'a laissée sur ma faim après 540 pages à attendre qu'il se passe quelque chose. D'autant que l'auteure nous a habitué à beaucoup de romantisme, de cour délicate, des sentiments naissant timides et gagnant en force et en ampleur au fur et à mesure que les personnages apprennent à se connaître.

Il me semble que les 500 pages précédentes auraient du être consacrées à voir évoluer Fanny, mais je ne peux pas dire que ce soit le cas. Elle change relativement peu entre le début et la fin, et son caractère doux, pour ne pas dire passif, finit par devenir vraiment un poids. Même si la morale dit qu'il vaut mieux un caractère aimable et doux que volcanique, ça nous donne une lecture assez fade, au final. En tout cas, c'est l'impression que ça m'a donné, alors que mes autres lectures de l'auteure ont emporté mon coeur dans un tourbillon de sentiments beaux et simples, et purs à la fois.

 

Bon, donc oui, j'y ai vu de gros défauts. Et pourtant, ma note est positive tout de même (même si elle dépasse à peine la moyenne), alors pourquoi ? Eh bien parce que face à ces gros défauts, il y a deux énormes bons points :

- Point positif numéro 1 : Le style "Austen" ! Alors ça, c'est toujours un tel plaisir d'y revenir, que même avec la pire histoire, je serais incapable d'y mettre une note négative. Jane Austen sait vraiment trouver les mots pour me conserver attentive au bout de sa plume. C'est raffiné et délicat, c'est noble, comme écriture. On se laisse facilement embarquer par ce vocabulaire travaillé, ces mots recherchés, délicats. C'est presque un poème ! Malheureusement, une plume, toute magnifique soit-elle, ne peut pas faire TOUT le travail.

- Point positif numéro 2 : La caricature très réussie de l'ensemble des autres personnages, tellement poussée à l'extrême qu'on ne peut qu'en rire. Alors là, pour le coup, Jane Austen n'a pas dérogé à son habitude. Ses personnages secondaires, pourtant tous excessivement différents les uns des autres, sont vraiment gratinés, elle ne les a pas épargnés ! L'avis de l'auteure sur son époque transparaît pratiquement entièrement dans les défauts de ses personnages. Ils sont tous, au mieux, ridicules et risibles, au pire, franchement détestables. Leurs défauts sont tellement mis en avant qu'on ne voit quasiment que ça. Le défaut récurrent étant la futilité et l'oisiveté de la bourgeoisie victorienne. La plupart des personnages est vraiment pathétique. Certains me marqueront plus que d'autres, comme la tante Berthram (une femme oisive et fainéante, mais qui a la classe lol, et sans aucun avis propre, quelle dinde !) et la tante Norris, infatigable, pipelette, avare de tout et pourtant qui se met toujours en avant, bref, insupportable. Et chacun des autres personnages est dans la même veine, aucun n'échappe à l'acidité tendre de l'auteure, pas même Edmund Berthram, qui doit pourtant être le personnage masculin le moins énervant, mais que je n'ai pas beaucoup apprécié malgré tout, car il se laisse complètement aveugler par ses sentiments, et n'est pas maître de son jugement.
Des personnages secondaires Austeniens très réussis, donc !

Et pour couronner le tout et ne rien gâcher, j'ai eu le plaisir d'effectuer cette lecture en LC avec ma tite Meli, grâce à notre LC Austenienne traditionnelle du mois d'Août :)
Et mieux encore, car c'était pour une fois également une découverte pour Meli ! Je crois que ça doit être le seul Jane Austen qu'elle n'avait pas encore lu et dont elle ne connaissait pas l'histoire. Je pourrai bientôt vous dire si elle l'a apprécié autant que les autres oeuvres de l'auteure, en vous partageant sa chronique dès qu'elle sera publiée. Mais patience, Meli a beaucoup beaucoup de chroniques à écrire chaque mois, donc, ce ne sera pas pour tout de suite, je pense !

Edit : Et voilà la chronique de Meli !!

Bref, ce nouveau roman de cette grande dame est pour moi une petite déception, les autres m'ayant rendue vraiment fan. J'espérais qu'il en irait ainsi jusqu'au bout de mes découvertes. Mais, on le sait, on ne peut pas tout aimer, et ça ne m'empêchera pas le moins du monde de découvrir encore ceux que je n'ai pas encore eu la chance de lire. Il me semble qu'il me reste Raisons et sentiments, Persuasion et Lady Susan. J'en oublie peut-être. Mais j'ai désormais la légère inquiétude d'avoir déjà découvert ceux qui avaient le plus de chance de me plaire. Nous verrons bien ! J'en lis au minimum un par an, parfois deux, donc nous serons vite fixés :)

Cali