v-virusRésumé 


Avant de rencontrer Morgane, Cal était un étudiant new-yorkais tout à fait ordinaire. Il aimait la fête et les bars, la vie insouciante du campus. Il aura suffi d'une seule nuit d'amour, la première, pour que sa vie bascule. Désormais, Cal est porteur sain d'une étrange maladie. Ceux qui en sont atteints ne supportent plus la lumière du jour, fuient ceux qu'ils ont aimés et ont une fâcheuse tendance à se repaître de sang humain. Des vampires d'un genre nouveau... 

 

 



Date de parution : 01/03/07
Editeur : Milan Jeunesse
Collection : Macadam
Présentation : Broché
Nb. de pages : 331 pages

 

 

 

 

 

 

3 sur 5

Original et sympa, mais sans plus.

 

Je retrouve avec V-Virus notre petit camarade, auteur de la saga Uglies, Scott Westerfeld, avec un autre genre de roman. Uglies m'avait paru sympathique mais ne m'avait pas déclenché de passion irrésistible. Il m'est arrivé exactement la même chose avec V-Virus. Je pense donc qu'on peut dire que j'aime bien les romans de Scott Westerfeld, mais qu'il a tout de même relativement peu de chance de devenir l'un de mes chouchoux d'amour.

V-Virus a commencé par me décevoir. En effet, entre le titre, et la couverture, bêtement et sans chercher plus loin, je l'avais classé dans les Zombies. Raté, V-Virus n'a pas grand chose de la "Zombie Apocalypse" comme je l'aime. Passée la première déception de ne pas voir mes zombies chéris d'amour, j'ai tout de même taché d'apprécier ce livre pour ce qu'il est. Un roman aux créatures mi-vampires mi mort-vivants. Il s'agit en fait d'un genre de vampires, un peu comme dans Je suis une légende. Un genre de vampires un peu spécial tout de même, on est loin de la bit-lit ou des gentils-vampires-au-lycée dont on a tous plus ou moins souffert d'une cruelle overdose à un moment de notre carrière de lecteurs. 

Non que les vampires de V-Virus soient spécialement méchants ou cruels, cela dit. Les humains infectés par le V-Virus retournent quasiment à l'état animal. Il se terrent loin de la lumière dans les souterrains. Vivent comme des bêtes, des animaux affamés dans le noir, et possèdent des sens et une force surhumaine. Ah et ils deviennent un tout petit peu légèrement canibales aussi... "Si mignon que je n'ai pas pu m'empêcher de le manger." Voilà le genre de messages que laissent les Peeps (aka les humains infectés par le virus) sur les murs de votre appartement en lettres de sang et d'entrailles.
Sympathique, non ? 

Cal est un adolescent plongé au coeur de cette tourmente secrète. Oui car les informations sur le virus, ses effets, et ses victimes, sont tenus loin de l'actualité, et les New-Yorkais n'ont pas idée de ce qui se trame dans l'ombre. Mais Cal sait, et Cal se bat. Porteur sain du virus, il ne craint pas l'infection, et fait partie de la garde de Nuit, une organisation très ancienne qui traque les Peeps.

Ancien étudiant en biologie, avec pour passion toute particulière la parasitologie, Cal s'adresse souvent au lecteur, en même temps qu'il poursuit sa propre aventure, nous donnant régulièrement des informations fort peu ragoutantes, mais je pense complètement réelles, sur le fonctionnement de divers parasites, que nous rencontrons tous les jours pour la plupart.

J'ai beaucoup aimé Cal. Plein d'humour, et parfaitement crédible, c'est un ado attachant et pour lequel on arrive à éprouver une certaine empathie.

Il voue une véritable passion à la biologie, et aux méthodes de survie des parasites en particulier. On sent une certaine admiration lorsqu'il en parle, une réelle fascination.

Les personnages secondaires m'ont laissée de marbre jusqu'à l'arrivée de Lacey, que j'ai bien aimée aussi. Rentre-dedans et intuitive, elle n'est ni une caricature de poupée barbie qu'il faut sauver, ni celle d'une warrior à toute épreuve. Une jeune fille normale, dotée néanmoins d'un certain courage et d'un besoin de savoir et de faire les choses par elle-même.

V-Virus est intéressant, l'idée du parasite (un ver) qui contamine l'humain pour en faire un genre de vampire m'a plu par son originalité. Le côté ancestral de la chose, de ce virus-parasite tapie dans les entrailles de la Terre depuis des centaines d'années donne une certaine dimension et profondeur à l'ensemble. De plus, Scott fait l'effort de relier sa théorie a la légende vampirique, réussissant à expliquer certaines croyances tout en collant à son approche personnelle du mythe.

La plume de Scott Westerfeld reste agréable et fluide, on la suit sans buter, sans anicroche, sans tomber sur des tournures bancales ou maladroites.

Néanmoins, ce qui aurait du, du coup, être une chronique super positive après tous ces bons points, s'avère être finalement un peu mitigée. J'ai aimé, mais je l'ai lu sans ressentir plus de passion que ça. Pas d'empressement irrépréssible à lire la suite, à savoir ce qui va leur arriver.

L'humour disséminé par l'auteur, via le personnage de Cal notamment, m'a plu, mais je pense qu'il engendre une dédramatisation du problème "virus" qui fait qu'on n'est pas franchement en panique en imaginant la suite des évènements.

Ca nous donne une lecture sympathique et agréable, mais que j'aurais voulu plus pressante, plus effrayante, plus stressante. Cela dit, on n'oublie pas qu'il s'agit là d'un roman jeunesse, et même si certaines scènes ne sont pas franchement édulcorées, on sent qu'on n'a pas aprofondi le truc jusqu'au bout. Que ce livre n'est pas allé au bout des choses, qu'il aurait pu être plus... plus tout, en fait. C'est souvent l'effet que me fait la littérature jeunesse malheureusement, même si certains parviennent à me faire oublier ce défaut au profit d'un suspens tellement énorme que ma lecture se transforme en drogue dure. V-Virus ne fait pas partie de ceux-là. Il restera donc une lecture sympathique, sans plus, qui m'a fait passer un bon moment mais ne restera probablement pas gravée dans ma mémoire pour très longtemps.

Mais bon, pour se détendre, l'été, il est parfait :)

Cali