Des fleurs pour Algernon Résumé


" Si l'opération réussi bien je montrerai a cète souris d'Algernon que je peux être ossi un télijen quelle et même plus. Et je pourrai mieux lire et ne pas faire de fotes en écrivan et apprendre des tas de choses et être comme les otres. " Charrie Gordon a 33 ans et l'âge mental d'un enfant de 6 ans. Il voit sa vie bouleversée le jour où, comme la souris Algernon, il subit une opération qui multipliera son Q.I. par 3. Charles va enfin pouvoir réaliser son rêve . devenir intelligent. Au jour le jour, il fait le compte rendu de ses progrès. Mais jusqu'où cette ascension va-t-elle le mener ? 

 




Date de parution : 12/01/2011
Editeur : Flammarion
Collection : Tribal
Présentation : Broché
Nb. de pages : 443 pages

 

 

 

 

 

 

3 sur 5

Un livre plein d'émotion, mais qui a déclenché les mauvais sentiments chez moi !

 

Des fleurs pour Algernon est un drôle de livre. Pas dans le sens comique du terme, mais plus dans le sens original, curieux, plutôt unique...  Quand je l'ai commencé, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, mais tout le monde me parlait de coup de coeur, de beaucoup d'émotion, d'un souvenir impérissable de leur lecture, j'y suis donc allée plutôt positive, cherchant la bonne surprise.

Pour la surprise, je l'ai eue dans le sens où ce roman est loin de m'avoir laissée indifférente. Et faire ressentir quelque chose, pour un livre, c'est déjà énorme. Et je suis toujours en recherche de vraies sensations, du livre qui va changer ma vie, m'émouvoir à pleurer, me faire peur au point de faire des cauchemars, me faire rire aux larmes... Et c'est rare, tellement rare, un livre qui sait vraiment toucher le lecteur, qu'elle que soit la façon dont il le touche.

Des Fleurs pour Algernon touche, indéniablement. J'ai été ensevelie de sentiments. Je me suis rarement sentie aussi impliquée dans une lecture, même. (Oui, oui, je vais jusque là.)

Mais alors, pourquoi seulement 3/5 ? Eh bien tout simplement parce que j'ai détesté ce que j'ai ressenti pendant cette lecture, justement. Algernon a déclenché chez moi exactement le contraire de ce que je cherche à obtenir en lisant. Moi qui veux m'évader, me sortir totalement de la réalité ou du réalisme, rêver, ou peut-être juste trouver un ou deux frissons...Algernon m'a mise dans une colère noire. Mais vraiment ! J'ai bouilli intérieurement tout au long de ma lecture.

Ma chronique va tacher de vous expliquer pourquoi, mais je tiens à redire au mois une fois avant que c'est un excellent livre, qu'il nous ouvre les yeux, nous apprend des choses humaines, nous rend sûrement un peu meilleur, et qu'on s'attache énormément à Charlie.On est également heureux de sentir quelque chose de si fort pour une lecture. Dites-vous bien que, sans toutes ces qualités, la note aurait été proche de zéro, et pas au-dessus de la moyenne !

Alors, pourquoi de la colère au juste ?

Charlie est un gosse. Un gosse extérieurement adulte, certes, mais un vrai enfant à l'intérieur. Il est en effet handicapé mental. Le cerveau d'un jeune enfant dans un grand corps d'homme. Emotionnellement, il a environ 8 à 10 ans, intellectuellement, plutôt 6.
Charlie n'est pas à proprement parler malheureux, car il n'a pas conscience de l'être. Pourtant, il sait qu'il n'est pas heureux. Le rejet des autres (de ses camarades, de sa propre famille !), la différence ressentie, le désamour, les moqueries continuelles de son entourage, le quasi harcèlement dont il est l'objet... S'il s'en rend à peine compte, nous, lecteurs, ne le comprenons que trop bien. Et cela suffit à se sentir malheureux pour lui, presque par procuration, et à déclencher chez nous (ou en tout cas chez moi) une colère monstrueuse. L'incompréhension face aux réactions des autres, leur manque de respect, d'humanité, m'ont rendue dingue.

Puis vient l'expérience et l'opération, et ses conséquences. Charlie devient progressivement de plus en plus intelligent, apprend plein de choses, ne peine plus à nous raconter ce qu'il vit, dépasse même très rapidement le QI du commun des mortels. Et se met à ouvrir les yeux. Il comprend que ceux qu'il considérait comme des amis n'ont fait que se moquer de lui et de sa différence, qu'ils ne riaient alors pas avec lui, mais de lui. Et il devient vraiment malheureux. Et j'ai été encore plus en colère.

Cet esprit simple et pur, malheureux quoiqu'il fasse. Inapte au bonheur.

Et quand vient la fin, la colère est à son comble. Car même si on l'attendait, la fin nous déçoit, humainement. Comme s'il n'y avait aucune lueur d'espoir.

Bref, c'est une lecture qui ne m'aura donné que des sentiments durs, négatifs, désagréables. Et je n'ai vraiment pas aimé me sentir ainsi, même si j'ai adoré qu'un livre me déclenche des sentiments aussi forts.

C'est une histoire forte, prenante, très marquante, mais qui ne remplit pas le rôle que je demande à mon loisir principal, à savoir me sortir de mes soucis, de mon univers, des problèmes réels du monde réel, m'apporter du positif, de l'espoir.

En bien des points, l'histoire m'a fait penser à un film que j'ai vu gamine, vers 13 ans, qui s'appelait Le Cobaye. L'histoire est différente et beaucoup plus marquée "SF", mais elle démarre du même postulat avec un personnage principal, Jobe, très sensiblement ressemblant à Charlie. Et pour les mêmes raisons que je suis certaine de ne jamais vouloir relire Des fleurs pour Algernon, je n'ai vu Le Cobaye qu'une seule et unique fois. Pourtant j'ai une mémoire tellement défaillante que je peux regarder 4 fois le même film ou le même épisode de série sans me souvenir de ce qui va se passer. Le Cobaye a marqué mon esprit au fer rouge, en me faisant ressentir exactement les mêmes choses que le livre dont nous parlons. Colère, désespoir... Et j'avais détesté ressentir ça. 
Je ne relirai pas Des fleurs pour Algernon, non parce que c'est un mauvais livre, mais parce que je sais que je n'en aurai pas besoin pour m'en souvenir, et que je n'en tirerais aucun plaisir.

L'histoire de Charlie m'a émue au possible, au point d'avoir l'envie très maternelle de vouloir le défendre à tout prix, le protéger de tout cet extérieur auquel il n'est pas, n'a jamais été, et ne sera jamais adapté. L'Homme est un con et ne changera jamais. Ce n'est pas un univers pour un innocent comme lui. Comment ressentir autre chose que de la fureur ?

En résumé, c'est un livre que je peux conseiller à ceux qui ne cherchent pas forcément l'évasion dans l'imaginaire, car c'est vraiment un bon livre (même si j'avoue que j'ai eu du mal à lire les débuts, car les premières pages sont rédigées par un Charlie qui fait beaucoup de fautes ! Lol), mais si comme moi vous avez vraiment besoin de rester positif, je préfère vous mettre en garde. Des fleurs pour Algernon risque de vous mettre dans tous vos états, et vous faire ressentir des choses dont vous n'avez pas forcément envie. Alors au minimum, choisissez bien votre moment, en toute connaissance de cause !

 

Cali