Les Kerns de l'oubli 1Résumé :


Plan d'ensemble. Vue d'oiseau. De la brume se dissipe, lentement, laissant percer la masse sombre d'une île. Elle se dresse, souveraine, dans son trône de pierre.

Almenarc'h.

Un vent violent balaye la scène. Assombrissant le ciel. Troublant les eaux du lac. L'Imprenable, forte d'un règne millénaire, vacille, sous la menace d'un simple silence. …peron de roche, fière citadelle, toi dont le nom est porté comme une légende aux confins du monde, pourquoi trembles-tu ? Craindrais-tu les ambitions fragiles de quelques mortels ? Cataxak, l'Ètranger ? Ulnhor, le roi déchu ? Roch, le gardien au cœur rongé par la colère ? Non, plus encore que tout autre nom, Almenarc'h craint le dernier de ses fils. Erkan. Guerrier maudit. Honni. Banni. Eh bien tremble, belle endormie. Car la main aveugle qui guide ce malheureux, elle, n'ignore rien du secret de tes entrailles.


Editeur : L'Homme Sans Nom
Date de publication: 22/03/2013

413 pages

 

 

 

 

2 sur 5

La déception... de ne pas avoir su entrer dans cette histoire et en apprécier toute la qualité...

 

En premier lieu, avant que tout le monde ne crie au scandale, petit rappel : Les notes distribuées sur ce blog sous forme d'un nombre de coeurs plus ou moins grand, allant de 1/5, à 5/5 mention coup de coeur, ne sont EN AUCUN CAS un jugement de qualité, ou une affirmation objective que tel ou tel livre mérite ou non d'être lu par d'autres lecteurs ou que le travail d'écriture fourni par l'auteur est plus ou moins intéressant.

Il ne s'agit ici (et on ne le repètera jamais assez) que de quantifier le plaisir que MOI j'ai eu à les découvrir, et les sentiments qu'ils m'ont fait ressentir. Un avis de blogueur littéraire est hyper subjectif, et environ un milliard d'éléments peuvent jouer sur le ressenti d'une lecture, qui, pour beaucoup, n'ont absolument rien à voir avec la qualité dudit livre, ni avec le sérieux (ou pas) avec lequel il a été écrit,

En l'occurrence, j'ai cette semaine découvert un livre, Les Kerns de l'Oubli T1,  qui me faisait baver pour diverses raisons (une maison d'édition en laquelle j'ai pleine confiance, un auteur que j'apprécie pour avoir eu la chance de le rencontrer à deux reprises et qui a été d'une grande gentillesse et a fait montre d'une bonne humeur extrêmement communicative.)
J'avais donc vraiment extrêmement envie d'apprécier ce roman (comme l'ont fait beaucoup de mes collègues blogueuses) à sa juste valeur, d'autant qu'il m'a en plus de tout cela été offert avec plein de tendresse par mon meilleur ami. J'y tenais donc particulièrement.

Mais en avoir envie ne fait malheureusement pas tout. Et je dois être cohérente avec moi-même et ne pas laisser mes bons sentiments envers un auteur ou une maison d'édition interférer dans mon avis sur un livre, j'ai toujours été sincère dans mes avis, et voilà, parfois, c'est un peu plus difficile que d'autre, mais il faut le faire quand même.

Je tiens à m'excuser auprès de Feldrik de n'avoir pas su apprécier son roman à sa juste valeur, je me suis pourtant battue, tout comme lui, jusqu'à la dernière page avec espoir et volonté. Feldrik, tu resteras un personnage que j'apprécie beaucoup, quelle que soit la teneur des propos qui seront tenus ci-dessous. Je m'engage toutefois à me montrer respectueuse au plus haut degré pour le travail que tu as fourni dans l'écriture de ce roman.

Car malheureusement, malgré toute ma bonne volonté en cours de lecture, ce qui va suivre sera la première chronique négative que j'aurai eu à faire pour un livre de L'homme sans nom.

Même si j'avais eu pour habitude de résumer les livres dans mes chroniques (ce que je ne fais jamais pour éviter tout spoil, elles sont toujours uniquement basées sur mon ressenti de lecture) j'en aurais été ici complètement incapable.

J'ai lu ce livre de façon tellement hachée, que je me suis rendu compte en fin de lecture que j'avais eu le temps d'oublier le début O.o

En effet, j'ai mis exactement 10 jours à lire ce livre (qui n'est pourtant pas vraiment un pavé, avec ses 413 pages !) ce qui est pour moi vraiment énorme. 10 min par-ci dans le bus, 10 min par là dans le métro, 10 pages par ci le soir dans mon lit avant de m'endormir, exténuée...

Bref, des conditions plutôt mauvaises lorsqu'il s'agit d'une lecture assez exigeante, qui aurait demandé une concentration sur des plages beaucoup plus longues (et calmes), et la connexion de tous mes neurones pour bien tout comprendre, et surtout tout assimiler.

En effet, Les Kerns de l'Oubli n'est pas un livre simplet, loin de là, et demande quelques efforts de la part du lecteur également, après un travail d'écriture qui n'a pas dû aller sans peine. Feldrick Rivat nous partage ici un univers très riche et travaillé, très bien pensé. Il y a beaucoup de choses à comprendre, à retenir, à apprécier. Normalement, c'est d'ailleurs un point que j'apprécie énormément dans les livres publiés par cette maison. Pour le coup, et compte tenu des conditions dans lesquelles j'ai lu ce livre, ça aura plutôt contribué à me perdre... :(

Chaque chapitre (très court) est le récit d'un narrateur différent, qui parlent tous à la première personne du singulier. Sur le principe, l'idée m'emballait plutôt. Dans les faits, il s'est avéré que cela m'a beaucoup plus chamboulée que je ne l'aurais cru. J'ai très vite été complètement perdue (ceci étant toujours certainement lié à ma lecture par tout petits bouts, avec des coupures imposées et quasiment jamais aux bons endroits.)

Heureusement, chaque narrateur a une façon de parler bien particulière, ce qui aide quand même à réaliser qu'on a changé de personnage. Pourtant, ça n'aura pas été suffisant pour moi, et j'ai vécu ces bonds d'un narrateur à l'autre de façon très désordonnée et j'ai été très vite complètement déboussolée.
Ce qui n'aurait pu être qu'un petit détail négatif dans une chronique a malheureusement entraîné chez moi l'incompréhension presque totale de l'ensemble de l'histoire. J'ai vécu tout le livre de manière extrêmement détachée, complètement de l'extérieur, et n'ai réussi à m'attacher à aucun des personnages principaux (ni secondaires, d'ailleurs.)
Il faut dire ici que je ne pense pas que ces personnages aient été conçus pour être particulièrement appréciés, de toute manière, ils ont quand même tous un côté pas très sympa, lol. Mais je ne me suis pas contentée de ne pas les apprécier, je n'ai pas su les "reconnaître". Je ne sais pas comment expliquer cela, mais vous savez, on peut ne pas aimer un personnage (particulièrement détestable, par exemple) mais ressentir tout de même pour lui quelque chose de fort, une attirance un peu malsaine, une "reconnaissance" de sa particularité qui en fait tout de même un personnage qu'on n'oubliera pas. Je n'ai pas ressenti ça dans les Kerns...

Néanmoins, j'ai noté avec joie un élément qui m'aura énormément plu dans ce livre, c'est le langage utilisé dans les dialogues. Il est très varié, très riche, chacun y allant de son petit dialecte, de son langage ancien et sage, de son patois. L'un des personnages parle comme au Moyen-Age, ce qui, vous le savez, fait partie intégrante de mon univers presque quotidien. J'ai beaucoup aimé le langage du roi également, un petit mélange de langage fort soutenu, avec un ptit côté "bouseux" dans les jurons, j'ai adoré ! Je n'ai donc eu aucun mal à suivre les différentes "façons de parler", alors que j'avais cru comprendre que ça avait été parfois difficile pour certains.

J'ajouterai dans les points positifs que Feldrick a un talent certain pour la description des combats, quelle que soit l'arme utilisée. Pour en faire en GN, je peux dire qu'on s'y croirait :) et un goût prononcé pour les jeux de mots et les références cachées. Je n'en dirai pas plus, j'espère juste que vous trouverez tous ces petits clins d'oeil ;)

D'ailleurs, je dois dire que l'écriture de Feldrik, sa plume, est vraiment un gros avantage de ce roman (qui a lui seul, aurait fait monter ma note au moins à 4/5 si je notais objectivement les livres sur leur qualité, et non sur mon plaisir à les lire.) D'abord elle est extrêmement travaillée, ainsi que toutes les oeuvres publiées par l'Homme sans nom. Feldrik n'écrit pas comme il parle (quoique.. Il parle très bien en fait :p ). Chaque mot est pesé, pensé, pour être placé le plus judicieusement possible, tout en donnant une impression de fluidité toute modeste, genre "oh, j'ai dit ça comme ça me venait". Mais non, je suis certaine que le travail d'écriture/relectures/réécritures/corrections a été absolument monstrueux.

Les Kerns de l'Oubli n'est vraiment pas un bébé dont on accouche en 2-3 mois, vite pondu, vite imprimé, vite vendu, vite lu et vite oublié. C'est ce que j'aime chez l'Homme sans nom. On ne nous sert pas du prémâché, prédigéré. On demande au lecteur un certain investissement de sa personne pour que la fusion prenne entre l'auteur et son lecteur.
Et bon... il se trouve que pendant ces 10 jours, les conditions n'étaient pas réunies pour moi. Il aura suffi d'un petit élément perturbateur, l'alternance des narrateurs (nombreux) (ce qui aurait pu être un point que j'aurais vraiment grandement apprécié à un autre moment) pour m'interdire l'accès aux portes de la fantasy cette fois-ci. Je suis restée complètement extérieure à l'histoire sans jamais parvenir à vraiment entrer dedans à un quelconque moment.

J'ai essayé de toutes mes forces, jusqu'à la dernière page, encouragée par l'auteur qui m'expliquait que le roman pouvait encore m'attraper n'importe quand... Mais non, jusqu'au bout je suis restée dehors, déçue, frustrée, fâchée contre moi-même. Car je sais que cela vient de moi, j'en veux pour preuve l'avis super enthousiaste que m'en avait fait Péléane, ou les excellentes chroniques de Méli, ou Justine pour ne citer qu'elles, et que je vous invite à découvrir afin d'avoir une vue d'ensemble plus objective.

Ma foi, il faut que je me dise que ce sont des choses qui arrivent, et espérer que ce ne sera qu'un cas isolé, et pas les prémices d'une vilaine panne de lecture ! (en tout cas, pour la lecture suivante, j'ai quand même choisi de changer totalement de genre, en espérant qu'il suffise de prévenir, et que je n'aurai pas à guérir...)

 

Cali