Entre chiens et loups 

 

 

Résumé :

 

Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Un monde où les communautés s'affrontent à coup de lois racistes et de bombes. C'est un monde où Callum et Sephy n'ont pas le droit de s'aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d'un rebelle clandestin... Et s'ils changeaient ce monde ?

 


Date de parution : 02/09/05
Editeur : Milan (Editions)
Collection : Macadam
Présentation : Broché
Nb. de pages : 396 pages

 

 

 

 

 

 

3 sur 5

Bien, intéressant et prenant. Mais c'est une lecture qui m'a laissé un terrible sentiment de malaise tout au long.

 

Ce livre me faisait envie depuis très très longtemps car j'en avais entendu énormément de bien. Beaucoup d'enthousiasme, de coups de coeur, ont fusé chez mes copains de la blogo. J'en attendais donc pas mal. Et puis.. Une dystopie quoi. Il était hors de question que je ne le lise pas. Je l'ai trouvé d'occasion pour mon plus grand plaisir et j'ai sauté dessus. Nous nous sommes retrouvées à 4 copines pour le lire (Meli, Marly et Sabrina, l'ayant toutes dans nos PALs, et zou, la LC était lancée. (Elle faisait en plus partie de notre défi du Cali-Cercle pour le mois de février.)

Nous avons donc lu ce livre ensemble, en 3 étapes, en échangeant nos points de vue au fur et à mesure de notre lecture.

Alors comprenons-nous bien, je suis positive sur cette lecture. J'ai aimé, je l'ai trouvée forte, et j'ai bien été prise dans cette histoire. Mais il y a eu certains freins pour mon enthousiasme, ce qui m'amène à un avis assez loin du coup de coeur tout de même.

Tout d'abord, première impression : "Euhhh, de où c'est une dystopie ?" Pour moi cette histoire n'en est pas une du tout. Tout ce qui y est raconté a déjà existé. Alors ok, c'était les noirs qui ont subi le racisme, eux qui s'en sont pris plein la tête, et ici, c'est l'inverse. Les noirs ont tout le pouvoir, toutes les richesses, toute la puissance, et les blancs sont opprimés. Mais je veux dire... Inverser les rôles ne suffit pas à faire d'un récit quasiment historique une dystopie, n'est-ce pas ? En ce qui me concerne, une dystopie devrait être beaucoup plus éloignée de la réalité que ça. Il m'a vraiment manqué un côté "choc imaginaire" pour que je puisse l'apprécier en tant que dystopie. En plus, le racisme des noirs envers les blancs,

2ème frein : "Aïe, putain, ça fait mal." J'ai pris toute l'horreur du racisme en pleine poire. Et le fait d'inverser les rôles blancs/noirs a gravement accentué ce choc, j'ai vraiment eu l'impression que l'auteure attrapait des éléments de l'histoire américaine des années 60 et me les jetait à la figure, violemment, avec agressivité et en me pointant d'un doigt accusateur. J'ai tellement, tellement de mal avec le racisme (et avec l'intolérance en général, d'ailleurs) que tout ce récit m'a vraiment explosé à la tronche. Alors ne pas laisser indifférent, c'est super pour un livre, mais là, ce fut plutôt un vrai malaise, ce livre m'a fait me sentir mal, chienne, sale, pourrie, et faisant partie d'une race (humaine) qui mériterait juste un bon Game Over-reset-on-arrête-tout-et-on-recommence. Et je dois avouer que je n'ai pas beaucoup aimé cette sensation. Mais je reconnais que l'auteure m'a fait ressentir quelque chose de très fort, et même si ça a été dur à digérer, ça reste un bon point.

En dehors de ces deux (assez gros) points noirs, je dois dire que tout est très positif. J'ai été prise dans ma lecture, je ne l'ai pas trouvée fade, loin de là, l'écriture de Malorie Blackman est très fluide, très vraie, et elle nous "parle"avec facilité, sincérité et franchise. L'histoire est choc et touchante, on ressent beaucoup de choses, et on est embarqué. Les personnages sont attachants, et même quand ils prennent des voies séparées, on arrive à comprendre comment ils en arrivent là. On a envie de les voir s'aimer, mais on n'a pas de mal à comprendre pourquoi ils ne peuvent pas, pourquoi leurs choix s'opposent. C'est une belle histoire.

 

Dans le détail :

- La couverture : Je ne peux pas dire qu'elle me transporte, mais je la préfère de loin à la seconde version. Elle est assez basique, mais pas désagréable, et elle représente bien le clivage blanc/noir.

- Le style : De ce côté-là, ça s'est très bien passé. J'ai bien aimé l'écriture de Malorie Blackman qui se lit sans anicroche, et qui paraît fluide, vraie et franche. J'ai eu au début un petit peu de mal avec les points de vue altérnés, très rapidement la majorité du temps, j'avais l'impression de sauter trop vite de l'un à l'autre, sans avoir eu le temps de m'habituer à être dans la tête du premier. Cela dit, pas d'écriture au présent, (mais du passé composé, dommage), et pas de première personne du singulier, ça m'a fait plaisir et m'a aidée à m'y mettre.

- Les personnages : Sephy (alias Perséphone) et Callum sont de gentils gosses. La vie ne leur facilite pas les choses, et leur innocence est vite mise à mal. On est triste pour eux de le constater, parce que ce sont des personnages attachants, dont on aimerait préserver la pureté. On est vraiment pris d'affection pour eux, et on suit leur histoire avec plaisir et avec tout notre coeur.

- L'histoire : Très jolie. Dure, mais pure. Une histoire d'amour, d'amitié, impossible. De la vie qui gâche tout. De l'Homme qui est si con. C'est une histoire qui se digère avec difficulté, mais qui prend aux tripes. Une fin choc, même si on s'y attend, elle peut faire mal. 

- L'édition : Très correcte, l'édition Milan/Macadam est pratiquement irréprochable, tant au niveau de l'objet que de la qualité du texte et de sa correction.

En résumé, c'est un livre que je peux vous recommander, au pire vous serez un peu gênés comme moi par un certain malaise, mais il n'y a aucune raison pour que votre avis soit moins positif que le mien, et au mieux, vous l'adorerez, comme bon nombre de mes copains blogueurs. En tous les cas, je surveillerai à l'avenir dans ma librairie d'occasion (ma deuxième maison lol) si je ne peux pas me prendre les suites.

 

L'avis de Meli 

L'avis de Marly (à venir)

L'avis de Sabrina 


Cali