le songe d'adamRésumé

Allemagne, Forêt-Noire, de nos jours. C'est dans ce cadre magnifique que s'installent Hugo, chercheur dans le domaine des lettres, et sa fille Morgane, inventive adolescente. Mais la Forêt-Noire est également le cadre de légendes ancestrales, dont certaines seraient peut-être bien plus que de simples légendes... Et lorsque Morgane commence à percevoir des choses qui ne devraient pas exister et que les fantômes du passé du père et de la fille semblent devenir plus que des souvenirs, l'horreur surgira, et les disparitions au coeur des bois trouveront une explication que l'esprit humain ne peut concevoir...

 

 



 Date de parution : 18/09/11
Editeur : Editions de l'Homme Sans Nom
Présentation : Broché

Nb. de pages : 394 pages

 

 

 

 

 

 

4 sur 5

Un roman vraiment prenant et angoissant et d'une qualité littéraire à souligner !

Troisième découverte aux éditions HSN. Je dis 3, mais je devrais dire 2 en fait, puisque les deux premiers sont deux tomes d'une seule et même saga.
Après mon coup de foudre interplanétaire pour Rose Morte, de Céline Landressie, coup de foudre qui ne se dément pas au fil de mes lectures et qui reste en première place (pour l'instant en tout cas, hihihi), je découvre donc un nouvel auteur HSN, en la personne de Sébastien Péguin.

Et définitivement, je peux vous dire que c'est une maison d'édition dont il faut surveiller, découvrir, connaître et partager les publications. Une maison qui privilégie la qualité aux phénomènes de mode, la réflexion au "tout cuit", la littérature (tout simplement) à la sauce un peu fadasse et sans saveur que nous servent bien des éditeurs avec leurs livres "faciles", leur Young-adult (même si je n'ai rien contre en lire un de temps en temps pour me vider la tête, mais il faut l'admettre, devoir réfléchir, deviner, faire preuve d'empathie pour comprendre, chercher, enquêter, se mettre à la place, c'est juste irremplaçable.).

Je n'ai pas choisi CE titre en particulier, et je n'en savais que le strict minimum avant de l'ouvrir. Il faut savoir que si on m'avait détaillé l'histoire, et demandé si cela m'intéressait, j'aurais probablement dit non. (et j'aurais eu vraiment tort !) En effet, la religion omniprésente, l'Allemagne... à priori, ce ne sont pas des sujets qui m'attirent plus que ça. Et voilà bien tout le talent de l'auteur, qui, grâce à une plume extrêmement soignée et travaillée, nous embarque sans mal malgré un univers global avec lequel on ne sent pas spécialement en amour. Loin de là même, étant totalement athée, je dois avouer que la religion m'ennuie beaucoup en général, et que, parmis tous les pays imaginables pour placer le scénario d'un roman, l'Allemagne est probablement celui que je choisirais en dernier. Et pourtant...

Et pourtant, je dois bien avouer que j'ai adoré en apprendre plus sur les légendes germaniques, sur le rapport des allemands avec la nature et les arbres mythologiques, sur les dieux, et même tous les parallèles faits par rapport à la religion n'y ont rien fait, j'ai vraiment passé un excellent moment avec cette histoire.

Pourquoi ? Eh bien d'abord parce que le style de Sébastien Péguin est vraiment super efficace. De très belles phrases, des tournures vraiment subtiles, et le maniement aisé des termes horrifiques et/ou angoissants nous plongent dans un profond malaise. Il faut bien le dire, me faire peur est de loin ce que je préfère (Eh oh ! On est fan de S. King et des zombies ou on ne l'est pas hein !). Et pour le coup, Monsieur Péguin s'en tire, très très bien. On entre directement dans l'histoire par la grande porte étiquetée "angoisse". Cela commence doucement, au point qu'on n'est pas sûr d'avoir affaire à la réalité ou à un éventuel rêve des protagonistes. Et cela monte, monte crescendo, de plus en plus pénible et cauchemardesque, pour finir par les 100 dernières pages où l'horreur ne nous quitte plus. Je ne vais pas vous mentir en vous disant que j'ai réellement eu "peur" avec ce livre, mais sachez que je ne suis pas du tout impressionnable en lecture, je n'ai jamais trouvé un seul roman qui me fasse frissonner (de peur en tout cas) pour de vrai. Mais le songe d'Adam se classe très facilement juste après mon auteur préféré en terme d'horreur (The King, bien sûr). J'ai pu sentir un réel malaise, me coucher parfois avec le sentiment désagréable qu'il pourrait bien m'arriver quelque chose dans mon sommeil, et... J'ai adoré cela, tout simplement.

La deuxième raison qui fait que j'ai vraiment beaucoup apprécié ce roman, est qu'il n'a pas été sans me rappeler un livre qui me tient particulièrement à coeur, comme étant le premier "livre de grand" que j'aie lu, vers 10 ans, un peu mon livre chouchou du coup, pas tellement pour la grande qualité de l'histoire ou autre, mais parce qu'il a une valeur émotive toute particulière, et que je ne saurais me séparer de mon vieil exemplaire tout pourri, tout abîmé, parce que c'est CELUI-LA, et pas un autre, qui m'a réellement donné ce goût pour la lecture qui est le mien aujourd'hui. Il s'agit de Simetierre, de Stephen King. (Oui, j'avais accès à des lectures très bizarres pour une gamine de 10 ans :p )
Il n'est pas question ici de dire que Sébastien a plagié ou a réalisé un remake de Simetierre, pas du tout DU TOUT. Mais on sent les influences du King, on sent que Sébastien doit l'aimer, et peut-être autant que moi. D'ailleurs, il cite un passage de simetierre en ouverture de l'un des chapitres du Songe d'Adam, je pense donc qu'il ne m'en voudra pas d'en parler. Quelques similitudes très générales entre les deux histoires, mais alors, très très vite dépassées pour que Le songe d'Adam prenne très vite sa propre personnalité, son propre chemin, et fasse (très bien) monter sa propre mayonnaise.

 

Je dois le dire, j'ai eu un faible pour son style, sa plume, et le côté légendes (que j'ai entièrement découvertes en plus, puisque je ne connaissais absolument pas les légendes germaniques), peut-être un tout petit peu moins pour les passages plus philosophiques ou religieux, mais l'équilibre étant parfaitement dosé, le roman passe tout seul, tout simplement.

 

Dans le détail, qu'est-ce que ça donne ?

 

- La couverture : Très intéressante, et vraiment magnifique. Une fois qu'on a lu l'histoire, elle prend vraiment tout son sens. Il en ressort une ambiance plutôt sombre et angoissante, ce cerf ne semble pas trop chercher les câlins, et cette forêt n'invite pas à la rêverie poétique. Eh bien ça tombe bien parce que c'est l'histoire qui veut ça. En effet, ici, pas de fantasy, pas de paillettes, Sébastien ne nous vend pas du rêve, il nous vend du cauchemar, et il le fait si bien ! Le titre m'a plu d'emblée, même s'il ne m'avait pas soufflé en premier lieu (le coquin) que j'aurais affaire à l'angoisse et à l'horreur :).

- Le style : Vraiment vraiment vraiment très bon. Il m'a embarquée sans souci même dans les moments où le fond me passionnait moins. Fluide, travaillé, sérieux. Une très très belle découverte pour moi, et j'espère pouvoir lire d'autres romans de cet auteur. Pour autant, j'ai remarqué quelques toutes petites maladresses, des phrases que j'aurais tournées autrement pour qu'elles se lisent de façon plus fluide, ou ce que j'appelle des "mots chouchou" de l'auteur, des mots qu'il semble apprécier particulièrement, car, tout rares qu'ils soient, il les replace plusieurs fois, de manière, parfois, un tout petit peu redondante. Mais franchement, c'est vraiment pour chercher la petite bête et faire une chronique équilibrée en mettant - aussi - un tout petit peu de négatif ;)

- L'histoire : Prenante. Très prenante. On a du mal à reposer son livre, et c'est de pire en pire au fur et à mesure qu'on avance. Beaucoup d'évènements macabres et sanglants, des montées d'angoisse de plus en plus fortes, nous font imaginer le pire, et pour une fois, notre imagination ne va pas forcément plus loin que l'auteur, qui a vraiment le chic pour trouver le mot, et le rebondissement pire encore ! Bravo pour ça !
Malgré tout, certains passages m'ont moins passionnée, comme je le disais plus haut, comme les passages plus religieux ou philosophiques. Je les ai aimés aussi, mais j'étais un tout petit peu moins conquise.
Si la fin ne m'a pas spécialement surprise (pourtant j'aime ça, les fins surprenantes), je ne l'aurais néanmoins pas aimée autrement et je la trouve tout simplement parfaite telle qu'elle est.

- Les personnages : Géniaux. Mis à part 2 ou 3 comportements que j'ai trouvés un peu incohérents avec l'âge/la situation/la personnalité du personnage, je les ai trouvés vraiment bien construits, vraiment attachants, et surtout, vraiment crédibles. Morgane et son papa m'ont fait forte impression et je pense que je vais les avoir dans la tête quelques temps !

- L'édition. Un livre-objet très soigné, doté d'une très belle couverture qui ne laisse pas indifférent et donne envie d'en savoir plus et de percer les mystères qui se cachent derrière cette sombre forêt.

J'ai eu quelques étonnements concernant le chapitrage, assez peu classique, dont forcément un peu surprenant, mais qui est bien adapté, et qui finalement ne gêne, ni ne dessert, la lecture de ce roman.

Au niveau de la correction, j'ai trouvé quelques coquilles, mots manquants ou autres, mais cela reste un travail très soigné car ils sont anecdotiques, et ne m'ont absolument pas empêchée d'apprécier ma lecture à sa juste valeur :)

 

 

En bref, un roman que je vous recommande chaudement, et je pense que vous entendrez de nouveau (très vite) parler de cette maison d'édition dénicheuse d'excellents talents français sur mon blog (genre juste après la lecture que je vais commencer ce soir, genre... :p ), stay tuned !

 

Cali