succubus blues

Résumé

C'est la vie de Georgina Kincaid, un démon dans un corps de femme. A priori, un destin plutôt sympa : la jeunesse éternelle, la séduction absolue... mais impossible de décrocher un rencard sans mettre en péril l'âme de l'heureux élu. Heureusement que son travail de libraire la passionne... Et son activité nocturne la tient bien occupée aussi : quelqu'un s'est mis à jouer les justiciers parmi les anges et les démons, et Georgina est jetée au coeur de la tourmente.
Ses sortilèges sexy et sa langue bien pendue lui permettront-ils de s'en sortir ? La série best-seller enfin en poche !


Date de parution : 24/06/11
Editeur : Milady
Format : Poche
Présentation : Broché
Nb. de pages : 510 pages

3 sur 5

Plutôt sympa et distrayant, mais finalement lu sans passion.

Me voilà à chroniquer un bit-lit que j'ai plutôt bien aimé. Il faut bien une première fois à tout. Mais en fait, c'est de la bit-lit sans en être (ceci expliquant certainement cela) et qui fait preuve de beaucoup d'originalité pour le genre. Un petit vent de folie souffle sur les créatures surnaturelles et il s'appelle Georgina Kincaid, la succube.

Tout d'abord, qu'est-ce qu'une succube ? Une créature surnaturelle maléfique, dont l'âme appartient aux forces du mal, contrainte de se "nourrir" de l'énergie vitale des humains, en passant par de bonnes parties de jambes en l'air. Le sexe avec un amant lui permet en effet de recouvrer toute l'énergie dont elle a besoin, et apporte des âmes à son "maître".

Voilà qui est dit. Oui, Georgina est un succube, à priori, là comme ça, au premier abord, on n'a pas trop envie de l'aimer. Et pourtant. Elle n'aime pas ce qu'elle est et fait son max pour faire le moins de mal possible autour d'elle, en ne prenant que ce qui lui est absolument nécessaire et uniquement sur des "pauvres gars". Voilà qui remonte un peu sa côte de popularité.

Succubus blues est une histoire plaisante à lire, divertissante, amusante à plusieurs reprises, servie par une plume agréable, suffisamment travaillée pour ne pas avoir l'air d'une écriture de bas étage gravement simplette. Bref, la lecture se passe plutôt bien. MAIS (car il faut bien un "mais") il m'a quand même fallu plus d'une semaine pour en venir à bout. Car si c'est plaisant, ce n'est pas non plus prenant au plus haut point. Je n'ai pas ressenti d'urgence à l'ouvrir à la moindre pause, je ne ressentais pas non plus de frustration à le fermer après 20 ou 30 pages le soir. Et il fait quand même 510 pages. Quand on ne sent pas la "passion" pour son livre, tout plaisant soit-il, ça finit par traîner un peu en longueur.
Mais bon, je ne veux pas faire ma mauvaise foi, Succubus Blues ne m'a pas déplu et m'a fait passer un moment sympa, j'ai apprécié cette lecture, le caractère enflammé du personnage principal, les quelques scènes de sexe (oui, ce n'est pas un bit-lit pour ado, on ne peut pas mettre ce livre entre toutes les mains) sont bien décrites, sans censure ni exagération. Les hommes (il y en a quelques uns) ou du moins les êtres masculins, car ils ne sont pas tous humains, ont su retenir mon attention aussi. La plupart des lectrices semblent s'être directement enflammées pour Seth, l'écrivain de thrillers à succès, je l'ai pour ma part trouvé un peu terne, un peu mou, et pas forcément charismatique ou séduisant, ce qui m'a un peu manqué. Mais pas de panique, Roman est arrivé, et voilà le perso attrayant et charismatique que j'attendais.
Curieusement, je n'ai pas changé d'avis avec la fin du livre, ç'aurait pu être le cas mais non, Roman reste mon chouchou.

D'ailleurs la fin du livre est une fin sans en être une, on sent qu'une suite suivra, mais ça va, je n'ai pas spécialement eu envie de me jeter dessus en lisant la dernière ligne. Et tant mieux, parce que je ne l'ai pas dans ma PAL :p
Alors si je tombe sur Succubus Nights (la suite) d'occasion à un prix défiant toute concurrence, il y a de grandes chances que je n'y résiste pas, puisqu'après tout, j'ai passé un bon moment avec le premier, mais, à l'image de ma lecture du tome 1, je ne ressens aucune urgence à me procurer cette suite et/ou à la découvrir.

C'est donc finalement un avis positif, mais un peu terni par un manque d'intérêt finalement. J'ai aimé sans être "à fond" quoi... Mais positif quand même hein ;) Disons que pour un bit-lit, Succubus blues fait office de "haut du panier" ;)

 

Dans le détail :

 

- La couverture : Oui alors là, non. Comme une majorité de Bit-lit je n'adhère pas du tout au choix de la couverture. Too much cliché pour moi, je dirais. Même si, pour une fois, on est content de ne pas avoir affaire à un vampire, et que ce détail est largement mis en avant par la couverture. Mais je n'y reconnais pas du tout Georgina par rapport à comment elle est décrite dans le livre, et soyons franc, je n'aime pas la tronche du personnage illustré. Et puis, franchement, esthétiquement parlant, elle ne m'attire pas du tout. Bref, j'aurais aimé quelque chose d'original à l'image du contenu. Déception.

 

- L'histoire : Originale et intrigante, elle ne m'a pourtant pas crée de palpitations. J'ai apprécié toutes les originaliés de ce roman par rapport à d'autres du genre, très sincèrement. Le succube, le changement notoire induit par la manière dont Georgina doit se nourrir, les démons autour d'elle, tout comme les anges, et finalement très peu de vampires, la normalité avec laquelle Georgina mène sa vie, travaillant dans un café librairie (je soupçonne ce détail de jouer un gros rôle dans les avis positifs lol), donnant des cours de danse, fan d'un écrivain au point de posséder toute la collection de ses oeuvres (on pourrait raisonnablement penser qu'un succube à d'autres préoccupations que la lecture de thrillers) (mais nous, lecteurs passionnés, ça nous parle, lol), bref, une histoire pas comme les autres et ça fait du bien.

 

- Le style : Rien de spécial à en dire, rien de négatif en tout cas. Il est efficace, pas simplet, direct, et fluide, agréable à suivre. Il sert bien l'intrigue, l'équilibre dialogues/narration est bon. Je n'en relève pas non plus de points incroyablement positifs ou remarquables, mais ça se laisse bien lire. En tout cas, il ne dessert pas le livre (ce qui est souvent mon gros point négatif dans la bit-lit commerciale.)

 

- Les personnages : Alors là, que du positif. J'ai aimé Georgina, son caractère, un poil rebelle, les répliques fusent du tac au tac, et, pour une fois, je les ai trouvées marrantes, elle ne se laisse pas impressionner, alors que finalement, elle est entourée de personnages bieeeen plus puissants qu'elle, et elle essaie de faire au mieux pour faire le moins de mal possible. Elle refuse toute relation avec un "gars bien", pour ne pas aspirer son énergie vitale par mégarde, elle ne prend que des "pauvres types" qui ne manqueront à personne. C'est une amie fidèle et sincère, un personnage franc et rigolo. Bref, j'ai vraiment apprécié ce perso.

Pour les persos secondaires, ils ont chacun leur caractère, et m'ont tous convaincue à leur niveau. Roman m'a séduite, Seth m'a touchée, Carter et Jérôme m'ont plutôt impressionnée. Les collègues de librairie de Georgina sont sympa à suivre. Je dirais donc que les personnages dans ce roman sont une réussite.

 

- L'édition : Rien à redire (à part que la couverture un peu trop kitch ne me fait vraiment pas vibrer), correction très correcte, texte aéré, chapitrage adapté. Tout va bien de ce côté-là.

 

Pour résumer, si la bit-lit est un genre qui ne vous rebute pas, vous devriez grandement apprécier Succubus Blues. Si, comme moi, vous partez avec un a-priori négatif sur cette catégorie, vous pourriez néanmoins apprécier cette lecture comme ce fut mon cas. Sans forcément vous retrouver passionné au point de ne plus savoir le lâcher, c'est néanmoins un livre qui peut vous faire passer un bon moment, pas gnagnan, pas ado, original, avec des persos accrocheurs. Je vous le conseille donc, ne serait-ce que pour avoir lu au moins un livre avec un succube dans votre "vie de lecteur", et pouvoir vous la péter à votre prochain club de lecture, lol.

 

Cali