la guilde de nodRésumé :


Londres, fin du XIXe siècle. Elisabeth Rosebury, dite Lily, tente d'échapper à un mariage forcé. Elle est sauvée de justesse d'une agression par Guillaume, un vampire mélancolique vivant dans un étrange château. Lily porte en elle un lourd héritage, elle fait partie de ceux que l'on nomme les descendants de la malédiction. Eux seuls peuvent devenir vampires, et Guillaume, forcé par les lois obscures de la Guilde, n'a d'autre choix que de faire d'elle sa première éveillée.
Mais cette transformation leur réservera des surprises, elle les entraînera dans une aventure passionnante, à la recherche d'un mystérieux Maître mage.

 



Illustré par Cécilia Correia
Collection Chimères
  Éditeur: Éditions Rebelle
370 pages
Date de parution : JANVIER 2012

 

 

Mon avis : 3/5 : Une découverte sympa et une lecture agréable.

 

J'ai découvert Cécilia Correia "à l'envers", en commençant par la fin donc, avec la lecture d'abord de La Secte d'Abaddon, une aventure d'Aliette Renoir - Tome 1.

J'avais beaucoup aimé cette lecture, notamment pour la fluidité de l'écriture de Cécilia et le contexte historique abordé (dans les années 20 environ.)

Avec La Guilde de Nod (Tome 1) - La génèse, Cécilia signe ici un univers totalement différent, mais clairement tout aussi intéressant et fouillé. On aborde ici le XIXème siècle, et c'est avec grand plaisir que j'ai retrouvé le raffinement des toilettes et des dialogues d'une très belle époque. La plume de Cécilia m'a totalement charmée sur les 50 - 60 premières pages, et puis ça s'est un peu essoufflé. J'ai ensuite ressenti plus les maladresses d'un premier roman, des coquilles oubliées à la correction...

Cela dit, clairement, je n'étais pas dans de bonnes conditions pour découvrir un roman, quel qu'il soit. Les vacances, 5 mouflets à gérer toussatoussa... Et donc malheureusement, j'ai eu beaucoup de mal, réalisant du coup une lecture très hachée, à m'attacher aux personnages ou à entrer vraiment dans l'intrigue qui m'a parfois semblé un peu floue. Ma faute ou celle de l'auteure, je ne saurais le dire, la mienne probablement, vu les nombreuses excellentes critiques disponibles sur la toile pour ce roman. Probablement que j'aurais eu exactement la même sensation avec n'importe quel autre livre.

Bref, je suis restée un peu en dehors. Pour autant, je peux tout de même dire que j'ai bien aimé, même si, du coup, ce ne sera probablement pas une lecture inoubliable, Cécila fait preuve dans ce roman d'une pointe d'originalité qui n'a pas été pour me déplaire, loin de là.
En effet, un roman bit-lit, avec une touche de steampunk, ça m'a fait grand plaisir. Vous connaissez tous mon amour immodéré pour ce courant steampunk... (alors même que le courant bit-lit moderne, lui, commence à me sortir par les trous de nez, le vampire d'aujourd'hui a bien du mal à me séduire, contrairement aux vampires originels, je les aime cruels et sanguinaires.) Elle lui mêle un peu de magie très appréciable également.
J'aurais cependant aimé que ce côté soit plus exploité, plus présent, et qu'on parle un peu moins des sentiments entre Lily, l'héroïne, et Guillaume, le beau et ténébreux héros. Je l'avoue, la romance vampirique m'a beaucoup moins séduite, l'ayant trouvée pas mal répétitive et peu passionnante. Sympa, mais sans plus, on va dire.

On apprécie surtout le travail de Cécilia sur cette œuvre, tant historique, que stylistique, malgré les maladresses dont je parlais plus haut, on sent que ce livre a été travaillé sérieusement. L'auteure nous livre ici un univers construit, elle s'est réapproprié le mythe vampirique avec ses origines, sa hierarchie, sa propre mythologie (qui est assez développée, ce qui m'a bien plu), elle croise tout ça avec la religion, j'ai trouvé cela très intéressant.

Les personnages sont assez classiques mais pas dénués d'intérêt, même si je ne m'y suis pas spécialement attachée. (encore une fois c'est probablement dû à ma lecture en dent de scie sur une période assez longue pour un livre pas spécialement épais, et j'en suis bien navrée.)

Les 50 dernières pages ont vu naître un regain d'intérêt, particulièrement lorsque Lily, Guillaume, Marcus et les autres arrivent en terre de Nod, royaume mythologique assez impressionnant. J'ai notamment en tête la description de Néphélé... femme centaure absolument divine, très charismatique et fort bien représentée, dans un monde mélangeant la réalité, la mythologie grecque, religion chrétienne remaniée et la magie, c'était divin.
En revanche, gros couac sur la fin, qui arrive de façon assez abrupte et que je ne suis pas certaine d'avoir comprise. Peut-être tout s'éclairera-t-il dans le tome 2, c'est bien possible.

 

En résumé :

- Les points forts : Un univers bien travaillé, quelques touches d’originalité agréables et certains éléments accrocheurs qui nous gardent "éveillés". Une écriture sérieuse, pas bâclée, même si elle garde les cicatrices de l'effet "premier roman". Une mythologie bien développée et très intéressante.

- Les points faibles : Une correction inégale, mais loin d'être catastrophique. Une grosse partie de la trame et des caractères des persos somme toute très classiques, le côté steampunk un peu trop peu présent par rapport à ce que MOI j'en espérais. Et une fin un peu rapide et floue (pour moi, toujours.).

 

Ce fut une lecture sympa et agréable, peut-être un peu trop bit-lit pour me convaincre totalement (en même temps il ne prétend pas être autre chose que ce qu'il est, c'est moi qui en espérais quelque chose de plus), et à laquelle il a manqué un petit je-ne-sais-quoi pour m'embarquer complètement. Mais un bon moment d'imaginaire, servi pas de chouettes descriptions de Cécilia qui nous guide dans son monde avec talent.

Un livre que je vous conseille de sortir de votre PAL si vous l'avez, ne serait-ce que pour le côté steampunk que j'aime tant et qui se fait encore trop rare dans la littérature aujourd'hui :)

Merci Cécilia pour ça :)

 

Cali