vivants Isaac marion Résumé :
Une émouvante parabole sur notre époque et la nostalgie d'une vie pleine. R est un zombie. Il n'a pas de nom, pas de souvenirs, pas de pouls. Mais il rêve. Dans les ruines d'une ville dévastée, R rencontre Julie. Elle est vivante, palpitante. C'est un jaillissement de couleurs dans un camaïeu de gris. Et sans vraiment savoir pourquoi, R choisit de ne pas la tuer. C'est le début d'une étrange relation, à la fois tendre et dangereuse.
Ce n'était jamais arrivé. R bafoue les règles des Vivants et des Morts. Il veut respirer de nouveau, il veut vivre, et Julie va l'aider. Mais leur monde ne se laissera pas transformer sans combattre.

 



 Date de parution : 21/10/11
Editeur : Bragelonne
Présentation : Broché
Nb. de pages : 318 pages

 

 

Mon avis: 4/5 : Un curieux mélange de "Arg !! Mais c'est n'importe quoi" et de "Mais c'est génial !" 5 très bon 4 sur 5

 

Enfin un livre que je sors de ma PAL pour de vrai. Un livre que j'avais acheté il y a plus d'un an, parce qu'il me faisait envie, et que j'ai lu parce que c'était le moment. Pas forcée, pas parce que c'est un SP, pas parce que c'était urgent, juste parce que j'ai eu ENVIE de le lire, maintenant. (Beaucoup comprendront sûrement ce sentiment)

Déjà là, ça partait bien pour me plaire, rien qu'avec ça ^_^

(Bon d'accord, y avait aussi un peu de "parce que j'aimerais bien voir le film dans pas trop longtemps" (faut toujours que je lise les livres avant de voir l'adaptation, TOUJOURS). Donc je pourrai bientôt regarder Warm Bodies, l'adaptation ciné de ce livre si spécial qu'est Vivants.

Alors, qu'ai-je pensé de ce roman ? Normalement vous connaissez mon faible très prononcé pour les zombies, ces armées de morts-vivants dégoûtants qui nous envahissent, cruels, sans états d'âme, et nous grignottent la cervelle parce que c'est "comme ça". Mes copains de quand j'ai envie de hurler "Du sang, des tripes et des boyaux !"

Dès les premières pages, la surprise l'a donc disputé aux "Mais what the fuck ?!"

Je n'arrêtais pas de me dire "mais c'est n'importe nawak !". Un zombie qui parle ? Qui pense ? Qui fait plus que survivre en grognant et en se jetant sur tout ce qui vit ? Un zombie qui semble SENSIBLE ? Et pis quoi encore ? Dès le départ je me suis donc sentie gênée par le principe, ça fleurait bon le "oulala ils ont osé bousiller MES zombies ?!"

Et pourtant... Dès les premières lignes j'ai été hapée. Vraiment. Je n'arrivais pas à m'arrêter de lire, tout en grognant de mécontentement et de frustration. (Heureusement qu'il y a quand même un peu de cervelle qui traîne et des entrailles qu'on aspire comme des spaghettis...)

Déjà, nous sommes dans la peau de R, le narrateur. Le fameux zombie "différent". Pour le coup, c'est déjà une grosse originalité. On part d'habitude du principe qu'il n'y a rien dans la "tête" d'un zombie... Du coup, on est forcément de l'autre côté, côté humains survivants qui se défendent. Un peu destabilisée au début, comme je vous le disais, je me suis assez vite prise au jeu. Et je suis assez vite arrivée à la conclusion que "Et pourquoi pas ? Après tout ?"

Vu qu'on n'a jamais pris la peine de se mettre à la place des zombies, qu'est-ce qu'on en sait de ce qu'ils pensent, et vivent ou ressentent, finalement ? (non je ne suis pas dingo, je le sais bien que les zombies n'existent pas EN VRAI ^^)

J'imagine qu'entre les chroniques sur le livre, et les teasers et autres bandes annonces pour le film, je ne vais plus spoiler grand monde quoi que je dise, alors je ne me censure pas, hein, ok ?

R est donc un zombie. Déjà un tout petit peu différent du commun des morts ambulants parce qu'il est doté de la pensée. Un peu brouillonne et souvent inefficace, certes, mais quand même. Il parle aussi, un peu. Quelques mots... Il échange même des sarcasmes avec son meilleur pote M. (qui a conservé son sens de l'humour après sa transformation, bizarre, mais fun.) Quand il rencontre Julie, lors d'un repas d'humains bien roboratif (lol), quelque chose se passe "en lui". Il sent qu'il veut être différent et finit par tomber amoureux.
Tout ça c'est la partie "what the fuck" mdr.

Partie qui, bien que très déconcertante pour les puristes du zombie, pour peu qu'on ait l'esprit assez ouvert, finit par devenir tout à fait crédible (il est fort Isaac Marion, rien que pour ça !). La partie la plus géniale, c'est la théorie qui se dessine au fil des pages concernant les origines de l'infection. C'est captivant. Un genre de critique de la société. Bon là pour le coup, je ne peux pas vous en dire plus, ça c'est à découvrir à la lecture.
Et puis au final on a quoi ? Une histoire d'amour bien surprenante et inattendue. Une morale genre "et l'amour est notre âme pour tenter de sauver le monde".
Ça parait cucul comme ça, mais ce n'est pas l'impression qui reste à la lecture. Ça m'a prise par surprise, et je suis passée de la suspicion la plus totale à l'abandon général de mes réticences, tranquille, sans le sentir venir, et finalement j'ai adoré !

Alors oui, faut vraiment avoir l'esprit ouvert pour accepter cette interprétation libre, très libre même, du mythe du zombie, mais quand on accepte l'idée, ce roman coule vraiment tout seul, j'y a pris énormément de plaisir.

Au niveau des personnages, je les ai vraiment bien aimés, les principaux. R est super touchant, Julie est rigolote, comme sa copine Nora, le contraste entre ces deux vivantes, face aux Morts, est vraiment bien rendu. M, le pote zombie de R m'a fait rire, tout en ayant l'air vraiment affreux. Ils m'ont plu. Ils ne sont pas forcément hyper creusés, mais c'est rarement le cas dans les livres zombiesques de toute façon, où on est plutôt dans des situations d'urgence à essayer de gérer le présent, qu'à se pencher fortement sur les passé et l'historique des persos. Donc, ça ne m'a pas gênée, en habituée du genre.

La plume d'Isaac Marion est hyper fluide, pas trop simplette, elle rend vraiment bien accro. Il a fait le choix du présent de narration. Temps que je n'affectionne guère en littérature, mais il faut l'admettre, il s'en sert bien et son choix se fait oublier. Voire même il l'aide à rendre son récit plus vivant, et haletant.

En résumé, j'ai vraiment vraiment bien aimé cette histoire, même si on sort carrément des sentiers battus en matière de nos connaissances sur les zombies. On se retrouve quelque part entre la parodie et le génie. Quelque part, ça fait du bien. Un peu comme les livres sur les vampires et autres créatures, si on ne tente pas d'autres horizons à un moment, on finit par écrire/lire toujours la même chose et à tourner en rond, n'est-ce pas ? Personnellement, cette nouvelle façon d'appréhender les morts-vivants a été une petite bouffée d'air frais, même si je reviendrai à mes bêtes zombies bouffeurs-de-cervelle-et-rien-d-autre avec grand plaisir d'ici peu, j'ai aimé :)

J'ai maintenant encore plus hâte de voir le film, qui, il me semble, sortira en dvd à la fin du mois, je pense que certaines scènes devraient vraiment bien rendre si elles sont fidèles au livre, et je suis pressée de voir ça.

Je vous recommande ce roman sans aucun problème, j'y ai vraiment passé 2 jours extra :)

 

Cali