couv jakera 

Résumé

Bienvenue à Jakera, grande ville de Ierasia, pays verrouillé au reste du monde. Rien ni personne n'entre à Iérasia à moins d'avoir été choisi par l'élite dirigeante, surtout en ce qui concerne le monde de la culture étrangère : sont entièrement bannis le cinéma, la littérature et la musique.
L’État tout puissant, aidé d'une compagnie privée ayant le monopole sur tout ce qui se produit ou se vend dans le pays, contrôle la vie des habitants d'une poigne de fer.

Je m'appelle Jinja et c'est là que je vis. Je partage mon temps entre mes études et mon travail dans un café. Ma vie est tout ce qu'il y a de plus ennuyeuse. Mais tout va changer le jour où Charlie, mon patron, va décider d'ouvrir un cinéma clandestin.

Au risque de tout perdre, c'est ainsi que nait la rébellion.
Notre combat pour la culture.




Publié en juin 2012
Éditeur: Valentina Éditions
Prix: 19€
Nombre de pages: 410 pages.




Mon avis:

4 bien 3 sur 53,25/5, un moment agréable dans une dystopie pas comme les autres.

 

Quand les éditions Valentina ont commencé à parler de la sortie de ce livre, avec cette auteure au nom si spécial qu'on ne l'oublie pas, ce titre qui "claque" comme un fouet, cette couverture flamboyante qui attire immédiatement l’œil, dans un genre que j'affectionne tout particulièrement: la dystopie, j'ai commencé à faire des bonds de deux mètres dans tous les sens, j'étais hyper trop impatiente!

Et puis, en attendant la sortie, j'ai fait connaissance avec l'auteure. Amparo Seith est vraiment une personne adorable. Très sincère, bourrée d'humour, avec un sens de l'auto-dérision comme j'en ai rarement vu, un vrai rayon de soleil :D

J'attendais donc avec d'autant plus d'impatience d'avoir son livre entre les mains. Commandé dés le premier jour, j'ai guetté ma boite aux lettres, prête à assommer le facteur quand il arrivait les mains vides.
Et puis un jour, Hourra! J'ai eu ce petit bijou esthétique entre les mains. Mon dieu, il était encore plus beau en vrai qu'en photo. Cette couverture est une tuerie!

Bien représentative de l'histoire, et aux couleurs pétantes et lumineuses, on a du mal à en détacher le regard.

Voilà pour ce qui est de la couverture.


Après, en commençant ma lecture, j'avoue, il m'a fallu quelques pages pour vraiment entrer dans l'histoire (presque la moitié en fait... :/ )

En effet, la première partie du roman est vouée à la mise en place de l'histoire, la présentation des personnages, le "posage" des règles de Jakera, qui vont amener la suite. Une grosse partie présentation donc, mais finalement, comme dans beaucoup de premiers tomes quand on y réfléchit. La deuxième partie étant beaucoup moins "train-train", on peut dores et déjà supposer que le second tome démarrera tout de suite sur les chapeaux de roues.
Jakera est une dystopie qui sort des sentiers battus, et ça m'a un peu déstabilisée sur les cent premières pages. Ce n'était pas l'image que je m'étais faite de la dystopie en générale, ni de ce roman en particulier. Mais une fois que j'ai compris qu'il fallait que j'appréhende ce livre autrement, j'ai pu y prendre énormément de plaisir. En effet, on a tendance à attendre pas mal d'action et d'évènements plutôt "extraordinaires" qui s'enchainent, dans un univers épuré, qui pourrait être le nôtre dans un autre contexte, mais qui en est malgré tout assez éloigné.
Dans Jakera, c'est, à très peu de choses près, notre univers, de nos jours, mais dans un pays qui vivrait en parfaite autarcie. A Jakera, comme dans tout Ierasia, la communication avec le monde extérieur ne se fait pas, volontairement. Ils ont la télé, la musique, les livres, l'art... Mais uniquement par des artistes Ierasiens, validés par The Boxa Compagny, le groupe industriel qui a la main mise sur tout le pays, et contrôle tout et tout le monde. Et la culture à laquelle les Ierasiens ont accès est fade et sans saveur, n'évoquant aucune forme d'émotion. Et pour certains, qui ont déjà pu gouter à "autre chose", c'est inadmissible. La révolte gronde donc pour permettre aux habitants de Jakera comme à tout le pays, de découvrir ce qu'est la culture, et ce qu'elle a de beau dans le partage.

Alors à la lecture, un autre point négatif a un tout petit peu réfréné mes ardeurs, c'est les fautes et les maladresses. J'en ai en effet relevé un certain nombre, mais bon, finalement, si ça m'horripile dans les livres d'auteurs un peu plus expérimentés, j'ai tendance à le pardonner assez facilement pour le premier roman d'un auteur qui démarre. Je suis certaine que le tome 2 sera extrêmement soigné à ce niveau là, car Amparo et Valentina Éditions ne sont pas du genre à ne pas écouter les avis de leurs lecteurs, j'en suis certaine.

 

A mon sens, la grosse force de ce roman, ce que j'ai en tout cas le plus apprécié, réside dans les personnages. Leur caractère et leur construction sont terriblement efficaces...
Jinja pour commencer, notre petite héroïne, une jeune étudiante pas encore très mature, une "adulescente" comme on le dit beaucoup de nos jours... Jin est une jeune fille caractérielle et capricieuse, parfois même carrément égoïste, mais pas du tout détestable, au contraire. Amparo a réussi à en faire un personnage hyper attachant, notamment parce qu'elle lui ressemble beaucoup. Maladroite, Jinja n'a pas toujours de chance, c'est sur, et ça la met souvent dans des situations très drôles, ce qui n'est pas sans rappeler les gaffes et les anecdotes de l'auteure. Personnellement, j'ai adoré Jinja, qui loin d'être fade et triste comme beaucoup d'héroïnes, a beaucoup d'humour et un caractère bien trempé qu'on ne peut que saluer!

 

Ensuite, le beau Jude... ahhh.. Jude! Miam! Un vrai gentleman, un dandy, beau comme un dieu, super gentil, protecteur... On n'a qu'une envie, c'est de le rencontrer et de se jeter dans ses bras! Un personnage très réussi, très constant, très cohérent, je l'ai beaucoup aimé!

 

Caro, Delphine, Charlie et l'ensemble des copains "personnages secondaires": ils ont tous un caractère bien à eux, et tous ces caractères font un mélange délicieux et détonnant. Caro notamment, je l'ai adorée! Pleine de bonne volonté, mais surtout très franche et avec une répartie bien sentie comme on les adore! Une copine qu'il faudrait toujours avoir avec soi, c'est tout à fait le genre de personnalité que j'adore!

 

L'histoire d'amour également est un autre gros point fort. Si Jinja a tendance à vouloir absolument tout faire partir en sucette de par ses réactions souvent puériles et assez inadaptées ( faut dire pour sa défense qu'elle n'est absolument pas expérimentée, et que ça l'effraie) j'ai trouvé l'assurance, et la persévérance de Jude délectables. Il ne baisse pas les bras, supporte sans pour autant se laisser faire, se bat... Et puis il est beauuuuu !! Mdr!!!

 

Le roman est parsemé de touches d'humour, à l'image de son auteure, que ce soit dans la narration ou dans les dialogues, je dois avouer que je me suis souvent prise à sourire, voir à rire franchement. C'est un côté qui m'a beaucoup plu, parce que ça a été la surprise, je n'attendais pas ça dans une dystopie, et j'ai trouvé que ça fonctionnait très bien comme mélange!

En résumé, si ça n'a pas été le coup de cœur que j'aurais aimé avoir pour ce livre (notamment parce que je pense qu'Amparo découvrira tôt ou tard ma chronique, et que j'aurais tant voulu pouvoir encenser ce roman sans restriction, rien que parce que je l'apprécie beaucoup) le bilan est néanmoins plutôt positif. Je ne peux que vous conseiller de vous faire votre propre idée, de toute façon, je peux vous assurer que ce livre vous surprendra. Parce qu'il n'est pas où on l'attend, mais au contraire s'impose là où on ne l'attend pas. Un bon équilibre final donc!

Je vous invite donc à essayer, je suis certaine que vous découvrirez encore bien d'autres éléments, car c'est un livre à découvrir.

 

Pour vous faire plaisir, un petit extrait soigneusement choisi pour vous:

 

[Parlant du film Transformers ( film que je n'ai moi-même pas franchement aimé!)]

"Mais en dépit de cette prouesse technologique, je m'ennuyais terriblement, ne comprenant pas qui étaient les gentils camions et les méchants camions et quel était le rapport entre tous ces véhicules mi-humains mi-machines et les gros plans sur les fesses de l'héroïne." (100% ce que j'ai ressenti en regardant ce film, merci Jinja lol)

 

Voilà en espérant que cet avis, s'il n'est pas 100% positif ou "coup de cœur", puisse vous donner la curiosité de découvrir la plume d'Amparo, car j'ai avant tout passé un très bon moment, original et dans la bonne humeur!

 

Cali